Le président du Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination raciale, par ailleurs coordonnateur général de la Coalition des acteurs ivoiriens des droits de l'homme (CADA), était sur le plateau du journal télévisé de Rti1, du dimanche magazine, le 12 octobre 2025. Il est revenu sur les progrès de la Côte d'Ivoire en matière de droits humains, de cohésion sociale et de promotion du droit international humanitaire.
La Côte d'Ivoire poursuit son ascension sur la scène internationale des droits humains. La réélection, en juin dernier, du Dr Bakari Sidiki Diaby à la tête du Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD) en est une éclatante illustration.
Militant infatigable pour la justice et l'égalité, le Dr Diaby est aussi le coordonnateur général de la Coalition des Acteurs Ivoiriens des Droits de l'Homme (CADA), une organisation aujourd'hui reconnue d'utilité publique et dotée du statut ECOSOC du Conseil économique et social des Nations Unies depuis 2021.
Une organisation née des crises et tournée vers la paix
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Créée au lendemain de la crise postélectorale de 2010-2011, la CADA s'est donnée pour mission de renforcer les capacités des forces de défense et de sécurité (FDS), des leaders communautaires et des administrations publiques.
« Nous venions d'une période où le tissu social était profondément déchiré. Il fallait recréer la confiance entre la population et les forces de l'ordre », explique le Dr Diaby.
Depuis 14 ans, ses équipes ont touché près de 35 000 éléments des FDS à travers des formations, des campagnes de sensibilisation et des Journées portes ouvertes sur les droits humains organisées dans les casernes d'Abidjan, Korhogo et Bouaké.
Les résultats de ces efforts conjoints avec les autorités ivoiriennes sont tangibles.
La Côte d'Ivoire est ainsi devenue le premier pays au monde à être retiré de la liste du Secrétaire général des Nations Unies des États dont les forces armées étaient auteurs de violences sexuelles liées aux conflits.
« C'est une performance mondiale rarement saluée, mais qui témoigne de l'efficacité de notre approche », se félicite le Dr Diaby.
La CADA inscrit aussi son action dans l'agenda Femme, Paix et Sécurité.
En partenariat avec les universités et les institutions publiques, elle organise régulièrement des Journées de carrière pour encourager les jeunes filles à s'intéresser aux métiers de la défense et de la sécurité.
« Aujourd'hui, les femmes représentent environ 2 % des effectifs dans les forces armées. Nous voulons faire évoluer ce chiffre », plaide-t-il.
En cette année électorale, l'organisation a également déployé des équipes sur tout le territoire pour sensibiliser les jeunes à la paix et à la responsabilité citoyenne. Dr Diaby insiste : « La population civile ne doit pas être une consommatrice passive de sécurité, mais une coproductrice de sécurité. »
La Côte d'Ivoire, hub africain du droit humanitaire
Grâce à ses partenariats, la CADA contribue à positionner la Côte d'Ivoire comme un pôle africain de formation en droit humanitaire.
L'Institut international SAN REMO (Italie) et le Centre international pour la prévention du recrutement d'enfants soldats de Dakar ont accepté de délocaliser des sessions de formation à Abidjan.
Ces initiatives ouvrent de nouvelles perspectives aux jeunes Ivoiriens et Africains désireux de s'engager dans les métiers de la diplomatie humanitaire.
Modèle de coopération civilo-militaire, la CADA inspire désormais d'autres pays.
À la demande des autorités centrafricaines, un bureau régional a été ouvert à Bangui pour partager l'expérience ivoirienne en matière de paix et de cohésion.
Le Dr Diaby préside aussi le Groupe de travail Afrique du GAAMAC (Global Action Against Mass Atrocity Crimes), un réseau mondial né après le génocide rwandais pour prévenir les atrocités de masse. En 2022, Abidjan a d'ailleurs accueilli le premier Forum régional du GAAMAC en Afrique.
Premier Ivoirien à siéger dans un organe de surveillance de traité onusien, le Dr Diaby veille à l'application de la Convention internationale de 1965 sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, à laquelle la Côte d'Ivoire a adhéré en 1973.
Sa réélection, au-delà de la reconnaissance personnelle, incarne la montée en puissance de la diplomatie ivoirienne des droits humains et le rayonnement de l'Afrique dans la gouvernance mondiale.