Madagascar: Nosy Be - Les acteurs du tourisme redoutent une crise économique

Plusieurs tour-opérateurs de Nosy Be évoquent une série d'annulations des réservations. Les vols de la compagnie Neos, qui transportaient habituellement entre deux cents et trois cents passagers par semaine, ne font désormais plus le plein. Les avions viennent seulement récupérer les touristes déjà présents dans l'île, sans amener de nouveaux arrivants.

Cette baisse de fréquentation inquiète tout le secteur, pour ne citer que les hôteliers, restaurateurs, agences de voyage, transporteurs, agences de location de voitures et guides touristiques, dont les revenus dépendent presque exclusivement du tourisme. Ces professionnels constatent déjà une baisse notable du nombre de visiteurs depuis quelques jours. À l'approche de la saison des pluies, période durant laquelle les visiteurs européens repartent chez eux, ils craignent une chute brutale de leurs revenus. Les artisans, vendeurs de souvenirs et prestataires de services divers seront eux aussi directement affectés.

Au-delà des pertes économiques directes, cette situation détériore également l'image internationale de Nosy Be, pourtant connue comme une destination paradisiaque, paisible et accueillante.

Inquiétude

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De leur côté, la population locale exprime, directement ou via les réseaux sociaux, son inquiétude face au risque d'une crise économique qui pourrait découler de la conjoncture actuelle. Pour elle, si la situation n'est pas rapidement résolue, le tourisme- principal moteur de développement et unique source de revenus pour de nombreux foyers- pourrait être gravement touché, avec des conséquences sur toute la région. La situation est d'autant plus préoccupante que Nosy Be entre dans la saison cyclonique. En cas de grève ou de blocage des transports, toute l'île risque l'isolement complet et de voir ses activités entièrement paralysées.

À cela s'ajoute le début de la saison des croisières, déjà ouverte les 25 et 26 septembre, avec plusieurs paquebots attendus dans les prochaines semaines. Une grève prolongée compromettrait les retombées économiques importantes que ces escales représentent, alors même que la période des vacances européennes, à partir du 20 novembre, devrait renforcer le flux touristique. Ainsi, les incertitudes politiques, les manifestations et les blocages administratifs entraînent un net recul de la fréquentation touristique, au moment même où la haute saison devrait battre son plein.

Pourtant, l'île aux Parfums est restée globalement paisible, sans mouvements de contestation majeurs comme dans d'autres régions, malgré certains mécontentements liés à la gestion foncière « Les grèves entraînent toujours des dégâts et ternissent notre image, à tort ou à raison. Même des pays puissants peinent à se relever après des crises. Alors imaginez la difficulté pour une île pauvre comme la nôtre », déplore Joëlson, opérateur touristique local, tout en demandant aux organisateurs du mouvement de réfléchir avant d'agir

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