En 2024, l'économie nationale a réussi à vaincre ses limites pour s'assurer des avancées encourageantes aussi bien au niveau de la stabilisation de la croissance que de l'amélioration de ses fondamentaux. Ce comportement, l'économie nationale le doit, en grande partie, à la performance de certains secteurs.
Il y a, d'abord, le tourisme qui, avec une croissance de plus de 9% et des recettes d'environ 7,5 milliards de dinars, a encore une fois honoré son statut et venu, ainsi, à la rescousse de notre économie. Ensuite, on retrouve, bien évidemment, l'agriculture qui, avec un taux de croissance dépassant les 8%, a pu, elle aussi, compenser le bilan mitigé d'autres secteurs. Grâce, notamment, à sa branche oléicole qui continue à enchaîner les records, surtout en termes de production.
Pour toute l'année 2025, cet apport devrait se maintenir, sinon s'élargir davantage, surtout que pour le tourisme, on parle déjà d'environ 11 millions de visiteurs et des recettes plus importantes, alors que pour l'oléicole, les projections tablent sur une récolte de 400.000 à 500.000 tonnes et un niveau de commercialisation beaucoup plus conséquent. D'ailleurs, durant les huit premiers mois de 2025, et selon les statistiques disponibles, 239.000 tonnes ont été exportées, soit une hausse de 25% par rapport à la même période de l'année précédente.
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Autant d'indicateurs qui prouvent, de toute évidence, l'impact stratégique de ces deux secteurs dans le bon comportement de l'économie nationale. Et dire qu'ils ne tournent, jusque-là, qu'à bas régime et sont encore loin de leur potentiel réel, notamment en termes de valeur. N'oublions pas que le tourisme tunisien, malgré toute la volonté de diversification de l'offre disponible, reste toujours et dans une large proportion à dominance balnéaire, ce qui justifie des recettes timides par rapport à nos concurrents directs.
Cette disproportion entre potentiel et valeur explique, ainsi, tout l'intérêt accordé par nos décideurs à la valorisation rapide de nouvelles niches compétitives et conformes aux tendances du marché international. On pense, entre autres, au tourisme écologique, culturel, de santé... et autres offres personnalisées.
De son côté, l'huile d'olive tunisienne, malgré une récolte exceptionnelle, se retrouve sous l'emprise d'une commercialisation traditionnelle et peu valorisante, et souffre, en permanence, de turbulences profondes, liées essentiellement au stockage et au conditionnement. Rappelons que plus de 87% des quantités exportées sont effectuées en vrac, ce qui se traduit par un manque à gagner annuel colossal.
Une défaillance assez préoccupante qui pénalise non seulement la filière oléicole mais l'économie nationale dans son ensemble.
Et c'est, certainement, la gravité de cette question qui justifie la mobilisation de tous nos décideurs à trouver la parade nécessaire qui soit en mesure de mettre un terme à ce problème. L'engagement récent du secteur bancaire, aussi bien les institutions publiques que privées, à apporter, cette année, leur soutien inconditionnel au financement de la campagne oléicole, de la production à la commercialisation, est à saluer à plus d'un égard.