Madagascar: Ambohitsorohitra - Les militaires prennent le pouvoir, les institutions suspendues à part l'Assemblée nationale

Au palais d'Ambohitsorohitra, le colonel Michaël Randrianirina a annoncé une transition de deux ans et suspend la Constitution ainsi que plusieurs institutions clés.

Coup de tonnerre dans la capitale. Hier, mardi 14 octobre 2025, à 16 heures précises, les militaires dirigés par le Colonel Michaël Randrianirina ont investi le Palais d'État d'Ambohitsorohitra. Devant un parterre de journalistes, il a annoncé la prise du pouvoir par les forces armées et l'instauration d'un organe de transition, le Conseil de Défense Nationale de Transition (CDNT).

« Ce n'est pas un coup d'Etat, c'est une prise de responsabilité », a soutenu le Colonel. Dans une déclaration au ton ferme, le colonel a justifié cette action par un « vide institutionnel devenu insoutenable », alors que la crise politico-juridique qui secoue le pays s'enlise depuis quatre jours. « Madagascar est devenue une terre sans dirigeants. Aucun responsable ne s'est manifesté depuis quatre jours. Cela a trop duré », a-t-il déclaré.

Suspension

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Parmi les premières décisions du nouveau pouvoir : la suspension de la Constitution du 11 décembre 2010 et de plusieurs institutions clés, dont le Sénat, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), la Haute Cour de Justice (HCJ) et le Haut Conseil pour la Défense de la Démocratie (HCDDED). « Seule l'Assemblée nationale est maintenue, dans sa forme actuelle », a précisé le colonel. Cette transition est prévue durer deux ans au maximum. Durant cette période, un gouvernement provisoire, un système judiciaire réformé et une « Haute Cour pour la Rénovation » seront mis en place. Un référendum constitutionnel et des élections générales devraient ensuite conclure cette phase de transition.

Rupture politique

Le colonel Michaël Randrianirina ne s'est pas contenté d'acter une rupture politique. Sur la Place du 13 mai, il a également accusé l'ancien pouvoir de manoeuvres obscures. Il pointe du doigt « l'enrichissement à l'étranger au nom du CAPSAT », les coupures volontaires d'eau et d'électricité, ainsi que des actes de sabotage attribués, selon lui à tort, aux militaires. Il déplore également la quasi-disparition du gouvernement. « Il ne reste plus que trois ministres. Il n'y a plus de dirigeant dans ce pays », a-t-il affirmé, non sans ironie. Quant au Sénat, « son président, célèbre pour ses envolées, a disparu », a-t-il lâché, sarcastique.

Avenir

Ce changement brutal suscite autant d'inquiétudes que d'espoirs. Le colonel appelle à une mobilisation nationale. « Il est temps de travailler. Le pays est pauvre, il n'y a plus d'argent », a-t-il fait entendre. Mais la question demeure : quelle sera la réaction des acteurs politiques, de la société civile, et surtout de la communauté internationale ? Une nouvelle page de l'histoire politique de Madagascar s'ouvre. L'avenir dira si elle mènera enfin à la stabilité tant attendue.

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