Hôteliers, artisans, transformatrices de produits de la mer, pêcheurs, agriculteurs ou promoteurs de services... Tous anticipent avec impatience la première édition du Saly Expo 2025, du 23 octobre au 5 novembre. Pour la première fois, le Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices) délocalise sa foire phare de Dakar, marquant une volonté forte de décentraliser ses activités.
Placée sous le thème « Territoires, Innovation et Croissance Partagée », cette foire internationale de la Petite Côte entend être bien plus qu'un simple événement : elle aspire à être l'acte fondateur d'un écosystème économique territorial structuré, ambitieux et solidaire pour toute la région de Thiès.
Cette maturation est le fruit d'un partenariat inédit. Depuis 2023, le Cices, la Société d'aménagement et de promotion de la côte (Sapco), les seize communes du département de Mbour et les services de l'État unissent leurs forces.
« L'idée fondatrice était de sortir d'une logique d'événement ponctuel pour inscrire Saly Expo dans la durée », explique le directeur général du Cices. Le comité d'organisation, une instance collégiale, a fonctionné comme une « cellule de crise », avec des réunions de suivi mensuelles pour garantir le succès de l'initiative.
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Le sous-préfet de l'arrondissement de Sindia a salué cette « maturité politique et administrative », voyant dans Saly Expo 2025 « la matérialisation la plus aboutie d'une intelligence territoriale que l'État encourage et accompagne ».
L'événement, qui accueillera pas moins de 250 stands, vise à catalyser les échanges économiques locaux. Il s'agit de créer des synergies, par exemple entre des restaurateurs de Saly et des maraîchers bio de Sindia, ou entre des designers sénégalais et des tisseuses de Ngaparou.
Pour les collectivités territoriales, l'accent est mis sur la promotion d'un tourisme durable et intégré. « Nous ne vendons plus seulement des chambres d'hôtel. Nous proposons une expérience : une matinée de pêche à Joal, une visite du patrimoine, un déjeuner local et une nuitée à Saly », détaille le maire de Saly-Portudal. « Saly Expo nous permet de "packager" cette offre pour les tour-opérateurs comme un produit cohérent et unique.»
Les piliers de la croissance : artisanat, agroalimentaire et économie verte
Plusieurs filières seront particulièrement mises en lumière lors de cette édition. L'artisanat d'art, présenté dans une scénographie moderne (vannerie, maroquinerie, bijouterie), vise à séduire une clientèle exigeante. Le secteur agroalimentaire démontrera sa capacité d'innovation avec des produits transformés à base de bissap, de mangue ou de pain de singe, illustrant la marche vers l'autosuffisance et la valorisation des ressources locales.
Enfin, l'économie verte trouvera un écho particulier, avec des solutions d'énergie solaire pour les PME, des systèmes d'irrigation goutte-à-goutte ou des initiatives de gestion des déchets. « La Petite Côte a tous les atouts pour devenir un laboratoire de la transition écologique au Sénégal », estime un expert.
Une vision à long terme est conçue pour construire une marque territoriale.
L'objectif des organisateurs est de pérenniser l'événement en le rendant annuel. « L'année prochaine, nous voulons intégrer un volet "innovation digitale" plus fort et renforcer la participation des diasporas sénégalaises », affirme un responsable de la Sapco.
Cette ambition s'accompagne d'une vision à long terme : créer une marque territoriale « Petite Côte », gage de qualité, d'authenticité et de durabilité.
« Ce que nous faisons aujourd'hui, c'est bien plus que vendre des produits. Nous construisons une identité économique commune », conclut un responsable. « Chaque contrat signé ici est une pierre ajoutée à l'édifice de notre souveraineté économique locale. Le chemin est encore long, mais la direction est tracée. »