Madagascar: La transition militaire se précise sous le colonel Michael Randrianirina

Une nouvelle ère s'ouvre à Madagascar, elle pourrait durer entre 18 et 24 mois, selon le colonel Michael Randrianirina, appelé à être investi vendredi 17 octobre président de la « Refondation de la République de Madagascar ». Ces derniers jours, le pays découvre un nouveau visage : celui de ce militaire de 51 ans. Samedi 11 octobre, il avait pris la parole pour demander à l'armée de protéger les manifestants. Aujourd'hui, il se retrouve à la tête du pays.

Âgé de 51 ans, le colonel Michael Randja Nirine a été gouverneur et a dirigé un bataillon d'infanterie dans le sud de Madagascar. Mais il s'est surtout fait connaître en 2023 pour ses critiques envers le président Andry Rajoelina. Des prises de position qui lui valent d'être arrêté puis emprisonné entre novembre et février 2024 pour « incitation à la mutinerie militaire » et « tentative de coup d'État », avant d'être libéré.

C'est la Haute Cour constitutionnelle malgache qui a constaté mardi 15 octobre la vacance du pouvoir et invité le colonel Michael à « exercer les fonctions de chef de l'État ». Une décision absolument cruciale pour démontrer la légalité de cette prise de pouvoir et convaincre la communauté internationale qu'il ne s'agit pas d'un coup d'État.

Cette validation est essentielle pour échapper à la suspension de financements et de projets indispensables au développement de Madagascar. C'est dans cette optique que tout a été fait pour préserver le vernis constitutionnel de la transition militaire et éviter des sanctions internationales.

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Mais l'Union africaine n'a pas tardé à réagir. Dans un communiqué publié mercredi 15 octobre, l'UA a condamné « sans équivoque » la prise de pouvoir par les militaires, qualifiée de « changement anticonstitutionnel de gouvernement ». En conséquence, Madagascar a été suspendu « avec effet immédiat » de toutes les activités, organes et institutions de l'organisation continentale.

Une armée perçue comme porte-voix du peuple

Sur le terrain, les perceptions diffèrent. Beaucoup de Malgaches estiment que les revendications de la Gen Z n'auraient jamais abouti sans le soutien de l'armée ces derniers jours. Une idée s'impose : pour une fois, ce n'est pas un homme politique qui tire les ficelles, mais des militaires qui portent, selon eux, la voix du peuple.

Les militaires ont promis d'organiser un référendum constitutionnel et des élections générales dans un délai maximum de deux ans et de consulter la population pour la nomination d'un nouveau premier ministre.

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