Un nouveau front politique a émergé à l'issue du conclave des forces politiques et sociales de la République démocratique du Congo, réuni à Nairobi au Kenya les mardi 14 et mercredi 15 octobre. Les participants, convoqués par l'ancien Président de la République, Joseph Kabila, ont mis en place une nouvelle plateforme dénommée « le Mouvement sauvons la République démocratique du Congo ».
Selon des sources locales recueillies par Radio Okapi, Joseph Kabila a été désigné par les participants pour présider cette nouvelle structure.
Mettre fin à la « dictature » et restaurer l'autorité de l'État
L'objectif principal du mouvement est clair : « mener des actions en vue de mettre fin à la dictature et de restaurer l'autorité de l'État », peut-on lire dans la déclaration finale publiée mercredi.
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D'après cette même déclaration, ce nouveau cadre politique vise à « mettre fin à la tyrannie, restaurer la démocratie et favoriser la réconciliation nationale ». Les acteurs politiques et sociaux réunis ont notamment décidé d'endosser l'intégralité des douze points de sortie de crise pour la RDC, précédemment proposés par Joseph Kabila lors de son dernier discours à la Nation.
Rejet de la condamnation et diagnostic « alarmant »
Au-delà de la création du mouvement, les participants ont dressé un diagnostic qu'ils jugent « alarmant » du pays, dénonçant une « crise multiforme » due, selon eux, à des dérives politiques, économiques et sociales. Ils accusent le pouvoir en place de violer la Constitution, de restreindre l'espace démocratique et d'instrumentaliser la justice.
Dans ce contexte, les participants ont unanimement rejeté l'arrêt de la Haute Cour militaire portant condamnation à mort de Joseph Kabila, précisent les informations du conclave. Cette décision est considérée comme « nulle et sans effet, car contraire à la Constitution et à la loi portant statut d'anciens chefs d'État » .
Appel à la résistance et offensive diplomatique
Le « Mouvement sauvons la RDC » appelle par ailleurs à un dialogue inclusif pour sortir de la crise, un dialogue qui devrait être soutenu par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l'Église du Christ au Congo (ECC). Ce conclave rejette tout « monologue politique » qui serait, selon ses participants, projeté par le Président Félix Tshisekedi.
Enfin, la nouvelle plateforme décide d'engager une offensive diplomatique pour sensibiliser la communauté internationale sur la crise. Elle exige également le retrait de toutes les troupes étrangères et des mercenaires du territoire congolais, tout en appelant « la population à résister à la dictature pour sauver la RDC » .