Congo-Kinshasa: Une association de consommateurs s'inquiète de l'effet de l'appréciation du franc congolais

Le franc congolais s'apprécie rapidement, passant de 2 800 à 2 000 de francs congolais pour un dollar (environ un euro). Le Mouvement national des consommateurs lésés (MNCL) dénonce alors une « arnaque » face au maintien, voire à la hausse, des prix des biens de première nécessité.

En République démocratique du Congo (RDC), dans un communiqué rendu public le 14 octobre, intitulé « Du dollar qui plonge, mais des prix qui stagnent : stop à l'arnaque ! », l'organisation de la société civile MNCL fustige l'absence de mesures d'accompagnement de la Banque centrale et pointe du doigt les « comportements spéculatifs » des cambistes, opérateurs de mobile money et commerçants.

Le mouvement dénonce une situation « injuste et incompréhensible » : la monnaie locale s'apprécie rapidement, tandis que les prix des produits de première nécessité restent inchangés, voire augmentent. « Le consommateur continue de payer au prix fort les produits de première nécessité », s'insurge Joel Lamika, président du MNCL.

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« Dix dollars se négocient à 22 000 francs congolais (environ 10 euros). Dans un coin, 21 000 francs congolais (9,50 euros). Dans un autre, parfois à 18 000 francs congolais (8,20 euros). À la cité, un litre d'essence qui coûtait 2 900 francs congolais hier, soit 1,30 dollars (1,19 euros), revient aujourd'hui à 1,44 dollars (1,32 euros). Les cartons de poulet qui revenaient hier à 38 dollars (34,70 euros) coûtent aujourd'hui 40 dollars (36,50 euros) ». « Il s'agit d'une véritable arnaque d'État ! », clame le représentant.

Protéger le pouvoir d'achat des ménages

Le MNCL appelle le gouvernement et la Banque Centrale du Congo (BCC) à agir sans délai pour protéger le pouvoir d'achat des ménages face à la baisse du dollar, qui, paradoxalement, ne profite pas à la population. « Il s'est créé comme ça, un déséquilibre qui enrichit certains acteurs au détriment du plus grand nombre. Je ne peux que dénoncer cette démarche de la Banque centrale, entreprise sans mesures d'accompagnement claires pour encadrer les comportements sur le marché », souligne le MNCL.

L'organisation réclame des sanctions contre les contrevenants, un contrôle accru, et l'« imposition de la répercussion immédiate de la baisse du taux de change sur le prix des biens et services ». Elle demande également de « lutter contre toute forme de spéculation en déployant des équipes de contrôle dans les marchés et commerces » et d'« appliquer des sanctions sévères à l'encontre des contrevenants ».

« Une monnaie forte n'a de sens que si elle améliore la vie du citoyen », conclut Joel Lamika, président du mouvement.

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