Cameroun: Issa Tchiroma Bakary et le conseil constitutionnel - L'analyse d'un boycott

16 Octobre 2025
opinion

La décision d'Issa Tchiroma Bakary de ne pas saisir le Conseil constitutionnel suite au scrutin présidentiel interpelle l'opinion publique et les observateurs politiques. Ce choix stratégique, loin d'être anodin, soulève des questions fondamentales sur le processus électoral camerounais et la confiance accordée aux institutions. L'opposant justifie sa position par la défiance envers une instance qu'il estime partiale, une institution qui, selon la majorité des camerounais, « n'a jamais joué son véritable rôle d'arbitre ». Cette posture renvoie directement aux tensions politiques qui caractérisent souvent les périodes post-électorales au Cameroun.

Le contentieux électoral est pourtant une étape juridique cruciale pour toute formation politique contestant les résultats d'un scrutin. En s'abstenant de cette voie, Issa Tchiroma Bakary opère un véritable boycott politique. Il mise sur une légitimité qu'il souhaite construire en dehors des cadres institutionnels établis, préférant un rapport de force médiatique et populaire. Cette manoeuvre est analysée comme un calcul risqué, pouvant soit renforcer sa stature d'opposant intransigeant, soit l'isoler du jeu démocratique formel. Son silence devant le Conseil est, en lui-même, une déclaration forte qui résonne dans l'arène politique.

Cette situation met en lumière les défis de la démocratie camerounaise. La crédibilité des institutions garantes de la légalité est un pilier indispensable pour la stabilité et l'acceptation des verdicts des urnes. Lorsque des acteurs majeurs comme Issa Tchiroma Bakary choisissent de les contourner, cela alimente un cycle de défiance et d'instabilité. L'analyse de cette décision dépasse la simple stratégie partisane ; elle interroge la santé du système démocratique dans son ensemble et la nécessité d'un dialogue inclusif pour apaiser les esprits et consolider l'État de droit.

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