À l'occasion d'Octobre Rose, mois consacré à la lutte contre le cancer du sein, trois femmes, l'Ivoirienne Frédérique Lehning, directrice de publication du Magazine ELLE Côte d'Ivoire, la Sénégalaise Mame Diarra Kébé, ancienne hôtesse de l'air d'Air Afrique, et la Ghanéenne Hajia Zainab Mohammed-Sani, ont partagé leurs parcours émouvants et inspirants. Trois récits uniques unis par une même force : la foi, le courage et la résilience face à l'épreuve de la maladie.
Frédérique Lehning : transformer la vulnérabilité en force
Diagnostiquée d'un cancer du sein avant ses 30 ans, après la découverte d'une boule par son mari, Frédérique Lehning traverse le choc, la peur et la douleur avant d'entamer un protocole lourd, notamment la chimiothérapie, la mastectomie et la radiothérapie.
Refusant de se cacher derrière une perruque, elle choisit d'assumer son image et fait de sa vulnérabilité une force. Écoutant son corps, elle interrompt son traitement après une troisième séance éprouvante, une décision validée par ses médecins lorsque les nodules disparaissent.
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Son cas exceptionnel attire l'attention de l'Institut Curie. Depuis, Frédérique a profondément transformé sa vie : alimentation saine, relaxation et reconnexion à soi. Devenue conférencière et militante, elle sensibilise les femmes à l'importance du dépistage et de la prévention, rappelant que « la prévention est la meilleure arme ».
Mame Diarra Kébé : une mission de vie au service des femmes
Au Sénégal, Mame Diarra Kébé, ancienne hôtesse de l'air d'Air Afrique, a choisi de faire de son combat personnel une mission collective. Guérie d'un cancer du sein en 2013, elle fonde la même année l'association « Cancer du sein Sénégal », qui œuvre depuis plus d'une décennie pour la sensibilisation et le dépistage à travers le pays.
Sous sa direction, plus de 10 000 femmes ont bénéficié de campagnes de prévention, notamment dans les zones rurales dépourvues de structures médicales. Pour Mame Diarra, surnommée affectueusement « Tata Diarra », la prise en charge ne doit pas être seulement médicale : le soutien psychologique et la restauration de la dignité sont essentiels à la guérison.
Face à l'augmentation des cas chez les jeunes femmes, elle milite pour un camion mobile de dépistage afin d'atteindre les régions les plus isolées. Son engagement, porté par la foi et la compassion, fait d'elle une figure emblématique de la lutte contre le cancer du sein au Sénégal.
Hajia Zainab Mohammed-Sani : 18 ans après, un message d'espoir
Au Ghana, Hajia Zainab Mohammed-Sani célèbre dix-huit ans de rémission après un cancer du sein de stade 3. Soignée à l'hôpital universitaire Korle Bu d'Accra, elle a surmonté un traitement intensif comprenant chimiothérapie, mastectomie, radiothérapie et ovariectomie.
Soutenue par sa famille et ses proches, elle s'est relevée avec une conviction : le cancer n'est pas une condamnation à mort. Aujourd'hui, elle consacre sa vie à sensibiliser les femmes sur le dépistage précoce et la confiance dans les traitements. Elle prône également un mode de vie sain et plaide pour davantage d'empathie dans le corps médical, convaincue qu' « un sourire peut déjà amorcer la guérison. »
Un même message : l'espoir et la prévention
D'Abidjan à Dakar, d'Accra à toutes les capitales africaines, leurs témoignages rappellent que la lutte contre le cancer du sein ne se résume pas au traitement. Elle repose sur la prévention, la solidarité et la bienveillance.
Frédérique, Mame Diarra et Hajia incarnent chacune à leur manière cette vérité essentielle, c'est-à-dire le courage de vivre pleinement, même dans l'épreuve, est la plus belle victoire contre la maladie.