Ile Maurice: Enquête sur les patients dialysés - Le puzzle judiciaire prend forme

Les pièces du puzzle commencent, lentement mais sûrement, à s'emboîter dans l'affaire des douze patients sous dialyse décédés entre mars et avril 2021, au plus fort de la pandémie de Covid-19. L'audience tenue le lundi 13 octobre devant la cour de Curepipe a permis de nouvelles avancées, marquée par les échanges tendus entre Me Jean-Michel Ah Sen, représentant du bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP), et les représentants du ministère de la Santé.

Appelé une nouvelle fois à la barre, le Senior Record Officer du ministère, Ashiv Gunesh, a tenté d'éclairer la Cour sur la gestion des dossiers médicaux relatifs aux patients décédés, notamment ceux transférés au centre de quarantaine de Tamassa. Mais ses réponses, jugées incomplètes, ont suscité la frustration du représentant du DPP. «Mais où sont les documents?» a-t-il lancé, exaspéré, après avoir constaté que plusieurs pièces manquaient à l'appel.

Ashiv Gunesh a expliqué qu'il n'avait reçu du Regional Health Director qu'un rapport sommaire du centre de quarantaine, sans précision sur les soins prodigués. «Pourquoi n'avez-vous pas fait le suivi ?» a alors demandé la magistrate Shavina Jugnauth, soucieuse de comprendre les failles dans la traçabilité des dossiers médicaux. Le Senior Record Officer a par ailleurs révélé l'absence de tout despatch book concernant les patients placés dans l'Isolation Ward.

Failles administratives

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Autre témoin clé, l'Acting Ward Manager de l'hôpital Nehru, fort de 35 ans d'expérience, a apporté les dossiers des patients dialysés de Souillac. Il a reconnu que certains documents manquaient et s'est engagé à les produire à la prochaine séance. Une omission qui n'a pas échappé à Me Ah Sen, qui a relevé une anomalie dans le dossier de Keerpanand Beedassy : «Après le 25 mars 2021, il n'y a plus aucun rapport sur ses séances de dialyse, alors que c'est justement la période cruciale.»

La doctoresse Uzmah Banoo Ballam, Ag. Regional Public Health Superintendent à l'hôpital Nehru, a pour sa part rappelé que les patients sous dialyse sont des personnes à haut risque et qu'ils n'auraient jamais dû être en contact avec des cas positifs. Elle a également précisé que toutes les informations relatives aux patients en quarantaine à Tamassa étaient consignées dans l'Occurrence Book, détruit après dix ans, mais jamais avant.

Enfin, le Dr Bholah Mamode Ally a soumis la liste des médecins ayant travaillé dans l'Isolation Ward durant la période de crise. Peu à peu, les témoins se succèdent et le puzzle se recompose. L'avocat Me Veda Baloomoody, représentant neuf des douze familles, était présent à l'audience. À noter que la prochaine audience se tiendra le mercredi 10 décembre prochain à 9 h 30.

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