Sénégal: Le pays entre sécurité, stabilité nationale et menaces extérieures - L'analyse lucide du Colonel Seyni Cissé Diop

13 Octobre 2025

Invité de l'émission Objection sur SEN Radio, dimanche 12 octobre, le Colonel à la retraite Seyni Cissé Diop, ancien parachutiste et conseiller en sécurité, a livré une analyse lucide et structurée sur les enjeux sécuritaires du Sénégal. À travers son propos, il dresse un tableau contrasté : celui d'un pays encore debout dans une sous-région instable, mais confronté à des défis internes et externes majeurs qui exigent vigilance, stratégie et professionnalisme.

La sécurité, socle du développement

« Sans sécurité, rien ne peut se faire », a estimé le Colonel Seyni Cissé Diop, qui indique que la sécurité nationale est d'abord une exigence sociale et une condition sine qua non du développement. A son avis, « Si le Sénégal reste globalement sous contrôle, il n'est pas à l'abri de fragilités internes. La période 2021-2024, marquée par des tensions sociopolitiques, a révélé l'urgence d'une réflexion stratégique sur le rôle des forces de défense et de sécurité (FDS). » Il appelle à cet égard, à une conception élargie de la sécurité, incluant la sécurité humaine de la circulation à l'hygiène publique.

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L'une des grandes leçons tirées des récentes crises, selon l'ancien commandant de zone, « est la fin du brouillard de guerre, tout est désormais filmé, partagé, archivé ». Dans ce contexte, « les FDS doivent être mieux formées, plus professionnelles et respectueuses des droits humains », insiste-t-il avant de plaider pour une responsabilité individuelle accrue au sein des forces, tout en soulignant que l'armée sénégalaise a su rester républicaine. Un message qu'il avait d'ailleurs exprimé publiquement en affirmant, en pleine incertitude politique début 2024 : « Que nenni, l'armée sénégalaise ne décevra pas. »

Risques extérieurs : une effraction silencieuse

« La stabilité du Sénégal est sous pression à ses frontières. Il y a déjà eu effraction », alerte le colonel Diop, en référence aux incursions et menaces terroristes aux confins de la région de Kédougou.

Selon l'ancien officier à la retraite, « La criminalité transfrontalière, le trafic d'êtres humains, la drogue, mais aussi les cyberattaques, comme celle contre la DGID, font désormais partie du paysage sécuritaire sénégalais. » Il évoque aussi des menaces dans la « zone d'intérêt stratégique » du pays à savoir « Manantali, Sabodala, les axes logistiques vers le Mali... » qui sont « autant d'espaces où le Sénégal ne peut se permettre de baisser la garde », a-t-il recommandé.

Préserver l'îlot de stabilité

Malgré tout, le Sénégal demeure, selon le conseiller en sécurité, « un îlot de stabilité, protégé à la fois par sa géographie, ses institutions et la maturité de ses FDS. Cette stabilité, relative, doit être consolidée.

Cela passe par la décentralisation de la sécurité, une coordination étroite entre armée, gendarmerie et police, mais aussi une anticipation politique des crises. » Il rappellera par ailleurs que : « La prévention, c'est d'abord une responsabilité civile et politique. » S'agissant enfin de la question sur les évènements de 2021 à 2024, il estime que « les enquêtes en cours sur les violences passées peuvent restaurer la confiance entre l'État et les citoyens. Mais à condition que la justice s'applique à tous, sans exception », conclut-il.

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