En République démocratique du Congo, deux jeunes femmes tracent leur avenir loin des mines de cobalt

16 Octobre 2025
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African Development Bank (Abidjan)
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Dans l'atelier du centre de promotion sociale Ruashi 1 Slavay de Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, Patricia Kayombo, 17 ans, ajuste patiemment une clé sur un moteur. Le geste est précis, assuré. Son bleu de travail contraste avec le souvenir encore vif des haillons qu'elle portait autrefois, lorsqu'elle passait ses journées dans la poussière des mines artisanales de cobalt.

« Avant, je travaillais dans l'extraction des minerais. Les agents du projet sont venus me convaincre de quitter la mine pour étudier ici, à Ruashi 1 Slavay, où j'apprends la mécanique automobile », raconte-t-elle, les yeux emplis de fierté.

À ses côtés, son amie, Divine Komba, 16 ans prend la parole devant leur formateur. Elle répond avec assurance à une question technique sur le fonctionnement d'un moteur. Sa voix est ferme, marquée par la surprise du chemin parcouru.

« Je vivais avec ma mère, mes frères, mes soeurs, mon oncle et sa famille. Tout le monde travaillait dans les mines : les parents creusaient, et nous, les enfants, transportions et lavions les minerais à la main. Mais ce travail nous rendait malades. La poussière nous causait toux, démangeaisons, éruptions cutanées. Nous n'aimions pas ce travail, mais nous n'avions pas le choix. », se souvient-elle.

Aujourd'hui, le destin des deux jeunes femmes a radicalement changé grâce au Projet d'appui au bien-être alternatif des enfants et jeunes dans la chaîne d'approvisionnement du cobalt (PABEA-COBALT), financé par le Groupe de la Banque africaine de développement.

Le projet comporte deux objectifs essentiels : la réinsertion sociale des enfants et la reconversion socio-économique des parents et des jeunes dans l'agrobusiness. Par le biais de cette approche, 13 587 enfants ont retrouvé le chemin de l'école, 8 200 jeunes travailleurs ont quitté les mines artisanales pour suivre une formation professionnelle, tandis que plus de 10 500 parents ont été accompagnés vers des activités alternatives comme l'élevage et l'agriculture.

«La sortie des enfants des mines et leur prise en charge scolaire est une approche efficace adoptée dans le cadre du PABEA Cobalt pour appuyer l'assainissement de la chaine de valeur du cobalt en RDC », explique M. Raymond Besong, le chargé de projet du Groupe de la Banque en RDC.

Pour renforcer cet élan, 963 coopératives agricoles ont été restructurées et 32 infrastructures sociales ont vu le jour. Deux centres de promotion de l'entrepreneuriat en agrobusiness (CPEJAB) ont également été construits, équipés pour la mécanisation agricole, la transformation alimentaire, l'élevage et la pisciculture. Ces installations ont déjà permis de lancer des activités concrètes : cinq hectares de manioc plantés, 2,7 hectares de soja, deux hectares de haricot et un étang piscicole abritant 6 000 géniteurs de tilapia.

Les perspectives portées par le projet vont bien au-delà des provinces minières actuelles : extension du modèle PABEA à d'autres minerais comme l'or, le cuivre, le lithium, le zinc, la bauxite, l'étain, le tungstène ou encore le tantale ; création de nouveaux centres de formation professionnelle et d'agrobusiness dans 14 provinces du pays ; et mise en place d'un dispositif national d'alerte et de surveillance pour empêcher le retour des enfants dans les mines.

L'histoire de Patricia et Divine illustre la transformation en cours dans les régions du Lualaba et du Haut-Katanga. Car le projet ne se limite pas seulement à sortir les jeunes des mines, il leur ouvre aussi des perspectives professionnelles concrètes et durables.

Aujourd'hui, Patricia ne peut s'empêcher de sourire lorsqu'elle parle de sa nouvelle passion.

« Je peux réparer et conduire un véhicule. Beaucoup de personnes m'appellent pour dépanner leurs voitures. Elles me paient et cet argent m'aide à subvenir à mes besoins. J'encourage d'autres filles à aimer la mécanique comme moi j'aime ce métier. Un jour, j'aimerais ouvrir un garage avec elles. »

Divine, elle, rêve d'approfondir ses compétences et de devenir un jour formatrice en mécanique afin de transmettre son savoir à d'autres jeunes filles.

À travers la mécanique, l'électricité, l'agrobusiness ou encore l'élevage, les jeunes filles et garçons découvrent de nouvelles passions et se construisent une vie digne. En République démocratique du Congo, Patricia et Divine en sont des preuves vivantes : de l'ombre des mines à la lumière des ateliers, elles bâtissent leur avenir, moteur après moteur.

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