Cameroun: Dschang en ébullition - Une ville s'embrase après la présidentielle camerounaise

16 Octobre 2025

La ville de Dschang, dans la région de l'Ouest, a vécu une nuit violente. Un profond sentiment de colère a submergé la cité, transformant le paysage urbain en un champ de ruines. Des véhicules communaux calcinés, la maison du parti du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) réduite en cendres, et le domicile du recteur de l'université de la ville incendié. Ces scènes de destruction, accompagnées du démontage des affiches de campagne de Paul Biya, racontent une contestation populaire d'une rare intensité. La Menoua, département dont Dschang est le chef-lieu, est secouée par de vives tensions.

Ces violences trouvent leur origine dans des accusations de manipulation des procès-verbaux à la sortie des bureaux de vote. De nombreux habitants et observateurs pointent du doigt des tentatives visant à altérer les résultats issus des urnes. Cette défiance n'est pas isolée.

Dans un contexte national marqué par un Conseil constitutionnel dont l'impartialité est régulièrement questionnée, la colère des populations de l'Ouest s'exprime avec une force inédite. La région, avec près de 900 000 électeurs, représente un réservoir de voix crucial, et les doutes sur la transparence du scrutin y sont particulièrement explosifs.

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La question centrale demeure : qui a intérêt à ce que les véritables résultats ne soient pas connus ? Alors que le pays attend la proclamation officielle, les événements de Dschang illustrent une fracture plus profonde et un rejet croissant des méthodes électorales. La sincérité du scrutin, principe fondamental pour toute démocratie, est au coeur des préoccupations.

La destruction ciblée des symboles du pouvoir et de l'appareil universitaire, perçu comme une extension de l'État, envoie un message sans équivoque sur l'état de défiance d'une partie de la population camerounaise.

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