Ile Maurice: Écoles maternelles - La CTSP dénonce une décision «injuste» du gouvernement

Le ton est monté, mardi après-midi, lors d'une rencontre au ministère de l'Éducation entre le ministre Mahend Gungapersad et les représentants de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), emmenés par leur président, Reeaz Chuttoo, et la secrétaire générale, Jane Ragoo. En toile de fond : la mesure budgétaire qui modifie en profondeur le financement des écoles maternelles à partir de janvier 2026.

Pour la CTSP, cette réforme constitue un véritable retour en arrière. Jane Ragoo dénonce une décision «injuste et unilatérale», prise sans consultation préalable avec les partenaires concernés. «Il existe trois types d'écoles maternelles : celles intégrées aux écoles primaires publiques, totalement gratuites ; les écoles privées payantes ; et une troisième catégorie, composée de petites structures, souvent familiales, mais tout aussi performantes», explique-t-elle.

En 2024, le gouvernement avait proposé à ces deux dernières catégories d'intégrer un grant system - une subvention couvrant à la fois les salaires du personnel et les coûts opérationnels. «Les écoles payantes ont refusé, mais les petites écoles ont accepté. Elles ont alors dû se structurer : recruter des managers rémunérés environ Rs 35 000, des enseignants entre Rs 20 000 et Rs 22 000, ainsi que des assistants et des attendants, selon la taille de l'établissement», poursuit la syndicaliste.

Le système, prévu pour durer jusqu'en décembre 2026, avait rassuré le secteur. Mais la dernière annonce budgétaire a changé la donne. Dès janvier 2026, l'État ne prendra plus en charge les salaires, mais versera une allocation fixe de Rs 2 750 par enfant, censée couvrir à la fois les frais opérationnels et la rémunération du personnel. «C'est irréaliste ! Les écoles pensaient que le gouvernement continuerait à payer les salaires. À ce rythme, plusieurs établissements risquent de fermer et des employés seront licenciés», alerte Jane Ragoo.

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Face à cette situation, la CTSP dit craindre une vague de licenciements dès le début de l'année prochaine. «Les parents vont devoir payer davantage, les contrats signés ne sont pas respectés et les travailleurs sont les premiers à en souffrir»*, soutient-elle.

La rencontre avec le ministre Gungapersad n'a, pour l'heure, débouché sur aucune solution concrète. «Le ministre nous a dit comprendre notre souffrance, mais il a précisé que la décision venait du ministère des Finances», relate Jane Ragoo, amère. La CTSP prévoit désormais une nouvelle réunion aujourd'hui pour décider de la marche à suivre. «Nous ne resterons pas les bras croisés», prévient-elle.

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