Madagascar: Alain Mahavimbina - La légitimité prime sur la légalité

Le juriste Alain Mahavimbina a apporté son analyse sur la situation politique actuelle, marquée par la contestation du régime conduit par Andry Rajoelina.Selon lui, les manifestations populaires réclamant le départ du président ont provoqué un blocage dans le fonctionnement de l'administration publique. « Compte tenu de la situation actuelle, et des mouvements de contestation contre le maintien du régime politique dirigé par Andry Rajoelina, il y a eu un blocage dans les affaires de l'État », a-t-il expliqué. Le juriste précise que ce blocage a mis en évidence une dualité entre la légalité et la légitimité.

« Le régime en place reste légal, mais il n'est plus légitime aux yeux du peuple. À l'inverse, le peuple, lui, possède la légitimité mais plus la légalité », soutient-il. Entre ces deux réalités, « les militaires du CAPSAT ont pris leurs responsabilités, car ils relèvent de ce qu'on appelle la mission régalienne de l'État ». Ils sont, en quelque sorte, « Tandroka aron'ny vozona sy ny fiarovana ny vahoaka sy ny fananany », qui signifie littéralement, « les cornes qui protègent le cou et assurent la défense du peuple et de ses biens », poursuit-il. Le juriste explique que la situation d'exception place le pays sous une autorité transitoire fondée sur la légitimité populaire, en attendant le retour à un ordre constitutionnel normal.

Gouvernement militaro-civil

Sur la suite du processus, Alain Mahavimbina précise qu'« après la déclaration d'exception, les institutions sont dissoutes, et un directoire militaire assure la conduite des affaires avant de consulter les forces vives pour mettre en place un gouvernement militaro-civil. » Ce gouvernement de transition, selon lui, aura pour mission prioritaire de « rétablir l'ordre public et redresser la vie socio-économique », avant de « procéder à une réforme constitutionnelle pouvant aboutir à une Cinquième République.»

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Enfin, il estime qu'« au cours de la période transitoire, il sera possible de rétablir la légalité » à travers un texte constitutionnel provisoire élaboré par le CNDT (Conseil National de Défense de la Transition). « Ce texte devra être soumis à consultation via les structures locales de concertation, afin de permettre un retour progressif à un ordre légal et légitime », conclut le juriste.

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