Luanda — La ministre des Finances, Vera Daves de Sousa, a plaidé jeudi, à Luanda, en faveur de la création d'un environnement concurrentiel qui récompense l'efficacité, l'innovation et l'entrée de nouveaux acteurs économiques, en vue de l'industrialisation du pays.
S'exprimant lors de la clôture de la VIe Conférence annuelle sur la Concurrence et la Régulation Économique en Angola, la responsable a déclaré qu'après 50 années d'indépendance nationale, le principal défi du pays dépasse désormais la reconstruction et la stabilité, pour se concentrer sur la création de valeur, la diversification de la production et le renforcement de la confiance dans les institutions et les marchés.
Elle a souligné que le développement durable naît de l'initiative libre, mais qu'il exige un État garantissant l'équité, la prévisibilité et la stabilité des engagements pris dans le cadre du Plan de national de développement 2023-2027 et de la Stratégie Angola 2050.
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Vera Daves de Sousa a assuré que le ministère des Finances suit de près le parcours de l'Autorité Régulatrice de la Concurrence (ARC), veillant à ce que la politique de concurrence soit intégrée aux décisions relatives à l'investissement public, à la politique de passation des marchés et au Programme de privatisations, afin d'assurer un fonctionnement des marchés dans la transparence et la prévisibilité.
Elle a toutefois averti que pour que la concurrence devienne une culture, les lois et règlements ne suffisent pas : il convient d'y intégrer l'éducation économique, des institutions crédibles et une coordination efficace entre les différentes entités de l'État et les acteurs privés.
Par ailleurs, la ministre a attiré l'attention sur les défis que la numérisation et l'intelligence artificielle posent aux modèles traditionnels de régulation.
« Il nous appartient de veiller à ce que ces transformations ne conduisent pas à des monopoles numériques ni à de nouvelles formes d'exclusion, mais bien à la création de nouveaux espaces d'opportunité, d'inclusion et d'innovation », a-t-elle ajouté.
Au cours de son intervention, elle a indiqué que les réformes économiques en cours en Angola visent à instaurer un modèle plus ouvert, concurrentiel et durable, en transition d'un paradigme basé sur la dépendance à une seule "commodité" vers un modèle fondé sur la productivité et l'efficacité.
Elle a qualifié la concurrence de « moteur silencieux » stimulant la créativité, récompensant la qualité et sanctionnant l'inefficacité.
Pour Vera Daves de Sousa, « sans concurrence, il n'y a pas d'innovation, et sans innovation, il n'y a pas de développement durable ».
Placée sous le thème « Vers la consolidation de la culture de la concurrence en Angola », la conférence a réuni des membres de l'Exécutif, des représentants du corps diplomatique accrédité en Angola, des représentants du secteur privé, ainsi que des experts issus de la Communauté de Développement de l'Afrique Australe (SADC) et de la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP).