Le Ministère de l'Éducation nationale et de l'Alphabétisation (MENA), dirigé par le Professeur Mariatou Koné, a engagé un processus ambitieux d'actualisation de la loi sur l'éducation nationale, vieille de près de trente ans. Objectif : doter le pays d'un cadre juridique moderne, cohérent et adapté aux réalités du XXIe siècle.
C'est ainsi que du 15 au 18 octobre 2025, à Grand-Bassam, cadres et techniciens des ministères en lien avec le secteur éducatif ont examiné en profondeur le projet de loi préparé par le magistrat hors hiérarchie Trabi Botty Tah Jérôme, en collaboration avec la Cellule d'Appui et de Coordination à la Réforme Éducative (CAC-RE). Les travaux ont permis d'harmoniser les propositions avant la soumission du texte aux consultations nationales.
Cette réforme, issue des recommandations des États Généraux de l'Éducation Nationale et de l'Alphabétisation (EGENA), s'inscrit dans une dynamique nationale de refondation du système éducatif. Les assises de 2022 ont en effet mis en lumière 42 leviers transformateurs pour insuffler un nouveau souffle qualitatif à l'école ivoirienne. Parmi eux, la nécessité d'une révision profonde du cadre législatif de l'éducation s'est imposée comme une priorité.
Une loi devenue obsolète
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La loi n°95-696 du 7 septembre 1995 relative à l'enseignement, modifiée en 2015, ne répond plus aux exigences actuelles. Son contenu a été progressivement vidé de sa substance avec l'adoption récente de lois spécifiques à l'enseignement technique (2022) et à l'enseignement supérieur (2023). D'où la volonté du MENA de repenser l'ensemble du dispositif juridique afin d'intégrer les enjeux contemporains : digitalisation, transition écologique, compétences du XXIe siècle, inclusion et qualité des apprentissages fondamentaux.
Sous le leadership du Professeur Mariatou Koné, le ministère a fait le choix d'une démarche inclusive. « Réformer l'éducation n'est jamais une entreprise anodine. Elle engage l'avenir », a rappelé Mme Sepou Anastasie, représentant la ministre à l'ouverture des travaux. Elle a insisté sur une réforme « au service des apprenants, portée avec détermination et conviction par les acteurs ».
Vers une école ivoirienne renouvelée
Conscient des enjeux, le MENA souhaite associer toutes les couches sociales à ce vaste chantier. Le Professeur Kamaté Banhouman, conseiller technique et président du comité d'organisation des ateliers, a souligné que les contributions proviendront de l'ensemble des acteurs : syndicats d'enseignants, associations de parents d'élèves, élus locaux, chefferies traditionnelles, communautés religieuses, partenaires techniques et financiers, ainsi que le secteur privé représenté par la CGECI.
Cette approche participative vise à bâtir un consensus national autour de la future loi, qui devra servir de socle à un système éducatif équitable, performant et durable.
La révision de la loi sur l'éducation nationale constitue bien plus qu'une mise à jour juridique : elle symbolise la volonté du gouvernement de refonder l'école ivoirienne pour la rendre plus adaptée aux réalités de demain. À travers cette réforme, le ministère entend poser les bases d'une éducation inclusive, innovante et tournée vers la réussite de chaque apprenant.