Cameroun: Scandale à la commission électorale - Un membre brise l'omerta

18 Octobre 2025

Alors que le Cameroun attend les résultats officiels de la présidentielle du 12 octobre, de graves accusations d'irrégularités électorales émergent du coeur même de la commission de recensement des votes.

Parfait Mbvoum représentant FNSC, un membre de cette instance, a dénoncé avec force des chiffres de participation totalement incohérents, qu'il présente comme "la goutte qui a fait déborder le vase". Il souligne un paradoxe troublant : dans les régions en paix, la participation plafonnerait à 50%, tandis que dans les zones de conflit des régions anglophones, pourtant en proie à un important exode de population, elle atteindrait 90%, avec des suffrages exprimés à 100% en faveur du président sortant Paul Biya .

Ces révélations internes jettent une lumière crue sur un processus électoral déjà fortement contesté et alimentent une crise politique d'ampleur. Le candidat Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre de Paul Biya devenu son principal rival, a d'ailleurs revendiqué la victoire dès le 14 octobre, appelant le pouvoir en place à "honorer la vérité des urnes" . Le gouvernement, par la voix du ministre Paul Atanga Nji, a immédiatement qualifié cette proclamation de "grotesque canular" et rappelé que la publication de résultats avant la proclamation du Conseil constitutionnel était un acte de "haute trahison" .

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Cette défiance s'ajoute aux nombreux rapports de la société civile faisant état de bourrages d'urnes et de tentatives de vote multiple lors du scrutin présidentiel . Dans un climat aussi explosif, la question de la transparence du scrutin se pose avec acuité. Alors que des recours ont été déposés auprès du Conseil constitutionnel et que des tensions éclatent dans certaines villes comme Garoua et Bafoussam, l'avenir démocratique du Cameroun semble plus incertain que jamais, laissant une nation entière retenir son souffle dans l'attente des résultats définitifs .

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