Ile Maurice: Ras Natty Baby compte entamer une grève de la faim

Trop, c'est trop. Ras Natty Baby dénonce une «injustice» et un «manque de reconnaissance» fort de ses quarante ans de carrière. Figure emblématique du seggae, Ras Natty Baby de son vrai nom Joseph Nicolas Emilien, a annoncé, ce mardi 14 octobre, son intention d'entamer une grève de la faim devant le bâtiment de la Mauritius Society of Authors (MASA). À 71 ans, l'artiste dit vouloir aller jusqu'au bout pour faire respecter ses droits et réclamer la pension mensuelle de Rs 2 500 à laquelle il estime avoir droit depuis ses 60 ans.

Auteur-compositeur-interprète et éditeur, Ras Natty Baby a marqué l'histoire musicale mauricienne. Il n'a jamais quitté la scène, portant haut les couleurs du seggae et du reggae, tant localement qu'à l'international. Au bout de cette carrière riche il livre aujourd'hui un combat administratif et humain. «Je suis victime d'une injustice», déclare-t-il, ne comprenant pas comment il peut subir un tel traitement, étant lui-même membre fondateur de la MASA.

«Mo pa pe demann sarite. Mo'nn gagn 60 an depi 2014. Mo pe rod mo kas.» Selon ses dires, il aurait cotisé pendant des années au Welfare Solidarity Fund, un fonds de solidarité prélevé à hauteur de 7 % sur les royalties de ses oeuvres. Arrivé à 60 ans, en 2014, il affirme n'avoir jamais perçu la pension promise. Malgré plusieurs courriers envoyés à la MASA, Ras Natty Baby soutient n'avoir reçu aucune réponse jusqu'en 2022. Cette année-là, l'organisme aurait décidé de verser une pension rétroactive de Rs 1 000 aux artistes âgés - une somme que le chanteur juge «discriminatoire» : «Les membres présents au moment de la fondation touchaient Rs 2 500. Pourquoi me donner seulement Rs 1 000 ?»

Estimant ses droits bafoués, l'artiste a saisi la justice. En mars 2025, les deux parties auraient convenu d'un règlement à l'amiable, mais, selon lui, le board de la MASA n'a toujours pas tranché. Face à ce qu'il considère comme un refus de reconnaissance, Ras Natty Baby dit n'avoir reçu aucun soutien, ni des autorités ni de ses pairs : «Je demande juste qu'on me paie à hauteur de ce que j'ai contribué. Je mets ma santé en danger pour que mes droits soient respectés.»

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Il appelle les artistes de toutes disciplines à se mobiliser pour défendre la dignité et la reconnaissance de ceux qui ont oeuvré à la richesse culturelle du pays. L'artiste attend la décision de la MASA. Il espère une issue positive. Faute de quoi, il se dit prêt à entamer sa grève de la faim.

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