Un document judiciaire citant le nom de Mamy Ravatomanga est sorti sur les réseaux sociaux la semaine dernière. Le pôle anti-corruption a tenu à apporter sa version des faits.
Le parquet général du pôle anti-corruption (PAC) d'Antananarivo a formellement démenti, dans un communiqué officiel diffusé à la presse samedi dernier, l'existence d'un mandat d'arrêt contre l'homme d'affaires Mamy Ravatomanga. Le document qui circule sur les réseaux sociaux est qualifié de « faux » par la juridiction spécialisée. La rédaction a confirmé l'authenticité du document après recoupement des informations, déjà évoqué dans un précédent article. L'intervention du PAC apporte néanmoins de nouveaux éléments à ce dossier.
Le nouveau régime, quant à lui, défend la véracité de cet acte qui vise Mamy Ravatomanga. « Ce démenti est une manoeuvre orchestrée par les proches du magnat. Le mandat d'arrêt a été préparé et validé par le président du CNDT, le colonel Michaël Randrianirina, et son équipe juridique. Ce n'est pas un faux », a affirmé le week-end dernier Fanirisoa Ernaivo dans les colonnes du journal L'Express Maurice.
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Cette mandataire du président de la Refondation de la République, Michaël Randrianirina, qui assure le suivi de ce dossier auprès des autorités mauriciennes, est actuellement à Maurice. Le son de cloche n'est pas le même du côté de la juridiction spécialisée. Le communiqué du PAC affirme une autre version. « Aucune procédure judiciaire n'est encore en cours au sein du PAC visant Mamy Ravatomanga, et il n'a été émis aucun mandat de la part de cette juridiction », précise, en effet, le communiqué signé par Elysée Rasoahanta, cheffe du ministère public de la juridiction du second degré du PAC Antananarivo.
Conformité
Le communiqué rappelle qu'un mandat d'arrêt « ne peut être émis qu'à l'issue d'une information judiciaire régulièrement ouverte, consécutive à une plainte ou à un réquisitoire du ministère public ». Il suppose en outre « que l'inculpation de la personne concernée ait été formellement prononcée par le juge d'instruction compétent », lequel ne peut y recourir « que lorsque l'intéressé, régulièrement convoqué, ne s'est pas présenté », ajoute cette missive. Le document diffusé en ligne « ne remplit aucune des conditions légales ni formelles d'authenticité », souligne encore le parquet.
Il présente « des incohérences matérielles, une présentation non conforme aux actes judiciaires officiels » et « aucune trace d'enregistrement de cet acte n'existe dans les registres du PAC ». En conséquence, conclut le communiqué, « il s'agit d'un faux document ». Des affirmations que Fanirisoa Ernaivo balaient d'un revers de main. « Nous avons suivi toutes les procédures dans le respect du droit », a-t-elle affirmé dans l'Express Maurice.
Extradition
Le sort de Mamy Ravatomanga n'est pas encore fixé et la justice mauricienne prête une attention particulière au cas de ce proche de l'ancien président Andry Rajoelina. Il est toujours à Maurice, sous la coupe d'une procédure judiciaire, après avoir quitté le pays au début de la semaine dernière. « Monsieur Mamy Ravatomanga est à Maurice sur un visa et il y a une enquête de la Financial Crimes Commission qui a été diligentée. Il doit rester à la disposition des enquêteurs jusqu'à la fin », a affirmé Gavin Glover, attorney General de Maurice.
Pourtant, la justice mauricienne revendique sa souveraineté dans le traitement de ce dossier. « Le mandat d'arrêt international a été émis par les autorités malgaches pour les autorités malgaches et n'a pas force de loi à Maurice. Nous ne pouvons pas agir sur ce document », a affirmé ce haut responsable de la justice mauricienne dans le journal L'Express Maurice. Il ajoute : « s'il y a une demande d'extradition de Mamy Ravatomanga de la part des autorités malgaches, nous prendrons les décisions qu'il faut ».