Tchad: Trois ans après le « Jeudi noir », la commémoration des violences du 20 octobre relance l'appel à la justice

20 Octobre 2025

La capitale tchadienne, N'Djaména, a commémoré ce lundi le troisième anniversaire des violences meurtrières qui ont eu lieu le 20 octobre 2022. Ces événements, survenus lors de la répression des manifestations contre la prolongation de la transition militaire, demeurent un point de tension majeur dans le paysage politique tchadien.

Selon Apanews, les manifestations avaient été organisées par des partis d'opposition et la société civile pour contester le prolongement de deux années supplémentaires de la transition décidé lors du Dialogue nationale inclusif, allant à l'encontre des promesses initiales du général Mahamat Idriss Déby Itno d'un retour au pouvoir civil après 18 mois.

Un bilan controversé et des accusations

Le 20 octobre 2022, les forces de sécurité (gendarmerie, police et garde nationale) ont été déployées pour disperser les foules, une journée qui a également vu des sièges de partis être saccagés et incendiés. Le gouvernement avait qualifié les événements d' « insurrection armée », une version rejetée par les organisateurs des manifestations, selon des propos rapportés par la même source.

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Le bilan des victimes reste controversé : tandis que les organisateurs des manifestations évoquent plus de 300 morts, le gouvernement ne reconnaît que 75 décès. La Commission nationale des droits de l'homme (CNDH) a quant à elle rapporté ses propres chiffres, un bilan intermédiaire de 128 décès, auquel s'ajoutent 943 arrestations et 263 condamnations.

A rappelé que la situation a évolué en novembre 2023 grâce à l'Accord de Kinshasa, qui a notamment abouti au retour des leaders exilés, à l'adoption d'une loi d'amnistie et à la libération des prisonniers politiques.

L'appel à poursuivre la lutte

Malgré les amnisties, la commémoration de ce qui est resté dans la mémoire collective comme le « Jeudi noir » est teintée par la persistance de l'appel à la justice.

Le parti Les Transformateurs a organisé une cérémonie en hommage aux victimes ce lundi. La présidente par intérim, Claudia Hoinanty, a appelé à poursuivre les efforts engagés : « Au vu de tous les sacrifices, nous n'avons pas le droit d'abandonner cette lutte », a-t-elle déclaré. La question de l'indemnisation des familles des victimes demeure également en suspens.

Ces commémorations rappellent, trois ans après, la fragilité de la transition politique au Tchad et l'importance des exigences de vérité et de justice dans le processus de normalisation politique du pays.

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