Laâyoune — Le rôle important de la souveraineté médiatique comme rempart contre la désinformation a été au centre d'une rencontre tenue, lundi à Laâyoune, avec la participation de plusieurs journalistes venus de 18 pays arabes.
Organisée par la Commission provisoire pour la gestion des affaires du secteur de la presse et de l'édition, en coordination avec l'Union générale des journalistes arabes, la rencontre a relevé que la désinformation, phénomène qui ne date pas d'aujourd'hui, s'est amplifiée par le biais de la révolution numérique, qui a transformé la propagande traditionnelle en une industrie complexe mobilisant les technologies les plus avancées de l'intelligence artificielle et du big data.
Les participants à cette rencontre, placée sous le thème "La souveraineté médiatique, un rempart contre la désinformation", ont notamment plaidé pour le soutien des médias locaux et l'instauration d'un cadre juridique régissant l'activité des plateformes numériques mondiales à l'intérieur des frontières nationales, l'objectif étant de renforcer la souveraineté médiatique.
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Dans une allocution de circonstance, le président de la Commission provisoire pour la gestion des affaires du secteur de la presse et de l'édition, Younes Moujahid, a souligné que "l'Union générale des journalistes arabes a toujours oeuvré pour contrer les discours visant à consacrer la domination étrangère et à propager la désinformation ciblant les causes des peuples arabes".
Il a mis l'accent sur les missions de l'Union générale des journalistes arabes, citant dans ce sens, son engagement en faveur des causes nobles arabes et de la défense de la liberté de la presse et des médias.
Cette rencontre s'inscrit ainsi dans la continuité de l'action de l'Union pour la promotion de la raison, de la pensée critique, de la conscience éclairée et des valeurs qu'elle a toujours défendues avec constance, a-t-il ajouté.
Pour sa part, le président de l'Union générale des journalistes arabes, Mouaid Lami, a indiqué que les pays arabes font face aux menaces de la désinformation orchestrée à travers des campagnes véhiculant des clichés et des stéréotypes.
Ces campagnes, a-t-il déploré, relaient des idées visant à semer la division et à attiser les dissensions entre les peuples, tout en influençant négativement les jeunes esprits.
De son côté, le directeur général du Centre qatari de la presse, Sadeq Mohamed El Amari, a souligné que les gouvernements avaient, à une certaine époque, pris le contrôle des médias traditionnels, causant le basculement d'une frange de la population vers les plateformes de communication et les réseaux sociaux, lieu propice à la prolifération des fausses informations et des contenus alimentant la discorde.
"Il est temps que les ministères de tutelle et les sites d'information officiels retrouvent leur éclat, afin de répondre aux attentes des citoyens dans le domaine médiatique", a-t-il martelé.
S'exprimant lors d'un panel consacré au "développement des standards de qualité et de liberté dans les médias arabes", le vice-président de l'Union générale des journalistes arabes, le Soudanais Sadeq Errezki, a insisté sur la pertinence de cette thématique, qui interpelle les syndicats afin d'instaurer des approches adaptées au contexte actuel.
Face aux défis singuliers auxquels sont confrontés les médias arabes, il a souligné la nécessité de s'assurer de la véracité de l'information, tout en mettant en place des législations et des chartes d'honneur propres aux médias numériques, dans l'optique d'améliorer la performance médiatique.
Plusieurs thématiques figuraient au programme de ce colloque notamment : "Les défis politiques et l'influence des médias internationaux sur l'opinion publique arabe", "L'immunisation des compétences médiatiques et du public face à la désinformation" et "Vision futuriste : vers une stratégie arabe de souveraineté médiatique".