Après la nomination de l'économiste Herintsalama Rajaonarivelo au poste de Premier ministre lundi 20 octobre, les consultations se poursuivent pour organiser la transition entre les équipes sortantes et celles qui seront nommées par le nouveau pouvoir en place.
Alors qu'une période de passation de trois mois maximum s'ouvre dans les administrations et les ministères à Madagascar, le nouveau Premier ministre malgache, Herintsalama Rajaonarivelo, a profité du début de la seconde session ordinaire de l'année du Parlement, ce mardi 21 octobre, pour s'exprimer pour la première fois devant la presse et donner des précisions sur la période de transition qui s'annonce.
Lors de cette prise de parole informelle, celui-ci a notamment esquissé quelques-unes de ses priorités, promettant notamment de mettre de l'ordre dans l'administration. « J'ai immédiatement donné des instructions fermes : plus de laissez aller ! Et peu importe qui est concerné : qu'il s'agisse d'un haut fonctionnaire actuel, ou d'une personne nouvellement nommée, il n'y aura aucune tolérance », a-t-il notamment déclaré.
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Durant les trois mois qui viennent, les hauts responsables des ministères seront donc tenus d'assurer le fonctionnement régulier et continu de leur service. Leurs personnels devront quant à eux préparer l'inventaire exhaustif de l'ensemble du matériel présent dans leurs locaux et s'atteler à la réalisation d'un audit des dossiers en instance et en cours.
Parmi les mesures adoptées dans le courant de la journée de mardi, la Primature a notamment fait savoir qu'aucun haut responsable de ministère - qu'il soit directeur, secrétaire général ou à la tête d'un organisme associé - ne pourra quitter le pays sans une autorisation spéciale, « et ce, jusqu'à la clôture des audits de gestions en cours ».
« tolérance zéro »
Dans un communiqué, les services du Premier ministre ont également indiqué que « toute personne reconnue coupable de détournement de fonds publics ou de ressources nationales sera poursuivie » avec une « tolérance zéro » et sans considération de rang, de proximité ou de lien de parenté.
Devant les journalistes, Herintsalama Rajaonarivelo a même évoqué à demi-mot la figure du puissant et redouté homme d'affaire Mamy Ravatomanga qui a fuit à l'île Maurice peu après l'intervention des militaires du Capsat. « Il s'agit de restaurer l'État de droit. La loi s'applique à tous sans exception. [...] Quelle que soit la notoriété d'un individu, la loi doit s'imposer, a-t-il affirmé avant de poursuivre : Quiconque ne respecte pas la loi ni les règles de gestion sera poursuivi. Et si ces infractions concernent des personnes se trouvant à l'étranger dans des pays partenaires comme Maurice, nous respecterons les accords de coopération pour que la justice puisse suivre son cours ».