Sénégal: « Les retrouvailles de la famille socialiste peuvent empêcher de mettre en oeuvre les véritables réformes »

22 Octobre 2025

Interrogé sur les perspectives de retrouvailles de la grande mouvance socialiste, l'enseignant-chercheur en sciences politiques à l'Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis, Moussa Diaw, a indiqué que « la formation socialiste connait une crise de leadership avec une direction fortement contestée ». Pour lui, ces retrouvailles peuvent empêcher de mettre en oeuvre les véritables réformes.

Quel regard portez-vous sur l'état de la mouvance socialiste ?

La mouvance socialiste est en train de se chercher. La formation socialiste connait une crise de leadership avec une direction fortement contestée. Tandis que des querelles de personnes marquent les relations entre Khalifa Sall et Barthélémy Dias. Cette situation ne permet pas d'évoluer dans un climat serein afin de bâtir un programme politique susceptible d'entrainer l'adhésion des populations. La mouvance socialiste doit se réinventer au regard de la recomposition du champ politique. Elle se doit de bâtir un nouveau cadre politique capable de prendre en charge les aspirations de la jeunesse qui forme désormais le coeur de l'électorat sénégalais.

Pensez-vous qu'une retrouvaille de la grande famille socialiste soit la clé de voûte d'un renouveau de la mouvance socialiste au Sénégal ?

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Je ne pense pas que cette option puisse constituer la panacée pour un renouveau de la mouvance socialiste. Il ne s'agit pas de voir quel schéma ou quelle nouvelle formule pourra faire revivre le flambeau socialiste. Ce genre de schémas va plaire aux militants, mais risque de se heurter à l'indifférence de l'électorat qui réclame une nouvelle offre politique.

Il faut éviter le rafistolage politique et aller vers un programme cohérent et conséquent pour chacune des formations politiques. Les retrouvailles de la grande famille socialiste peuvent constituer un mirage qui empêche de mettre en oeuvre les véritables réformes pour enfin survivre dans un environnement politique fortement remodelé.

Le Parti socialiste a prévu un processus de relance pour assurer la restructuration du parti et la refondation de ses textes. Pensez-vous que ce plan va permettre de redynamiser le parti ?

On ne pourra réellement se prononcer sur ce programme de refondation qu'à la fin de ce processus. Il faut savoir à qui va profiter cette refondation et quel leader va émerger du congrès qui en découlera. Il est nécessaire que le parti se trouve de nouveaux dirigeants pour incarner le renouveau du parti. Une redynamisation qui s'appuie sur de nouveaux leaders en phase avec les réalités actuelles.

Une refondation qui permettra au parti de jouer son rôle de locomotive au sein de l'opposition. Le Parti socialiste doit prendre, comme option, un profilage de sa classe dirigeante pour espérer peser à l'avenir sur les prochaines échéances électorales. Les jeunes ne s'identifient plus à ses dirigeants comme Abdou Diouf ou encore Senghor, ce qui les intéresse, c'est le discours qui prend en compte leurs demandes d'emploi et d'un devenir meilleur.

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