Tunisie: Une association de défense des droits des femmes lance la première webradio féministe

En Tunisie, l'association de défense des droits des femmes Aswat Nissa vient de lancer la première webradio féministe. Fondée sur des émissions et podcasts, Houriya FM a été pensée comme un espace de réflexion, de création et de résistance.

Pour sa première émission, Houriya FM présente ses différentes rubriques. Éco-féminisme, féminicides, violence à l'égard des femmes, aucun sujet n'est tabou.

« J'ai créé une émission qui s'appelle Impasse 58 et qui s'inspire de la loi 58 sur les violences contre les femmes. Je vais essayer d'expliquer au grand public cette loi à travers des cas juridiques concrets et réels que nous allons reconstituer », explique Chaïma Belhadj Ammar, étudiante en droit et productrice de l'émission.

Une radio inclusive

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La radio est née grâce aux clubs féministes créés dans quatre universités par l'association Aswat Nissa. Elle vient combler un manque, selon cette militante. « Il y a un vrai manque et surtout, actuellement, je pense que nous ne faisons pas assez pour faire entendre nos voix. Par exemple, il y a encore souvent besoin d'expliquer la différence entre féminicide et homicide », précise Chaïma Belhadj Ammar.

Pour Safa Bayari, en charge de la radio, la radio doit être inclusive et inviter des experts, mais aussi rester accessible. « L'idée, c'est d'arriver surtout à toucher les jeunes, car ils ont besoin de pédagogie sur ces questions-là et ensuite, le grand public », ajoute-t-elle. Les premières émissions seront mensuelles, toutes animées par des étudiantes et diffusées en ligne.

« Les luttes féministes ne devraient pas être mises de côté » En Tunisie, depuis plusieurs années, les droits des femmes restent menacés, notamment à cause de l'augmentation de la violence et des féminicides, malgré le vote d'une loi en 2017 contre la violence fondée sur le genre.

Le centre Najiya d'écoute et d'accompagnement des femmes victimes de violences, affilié à l'association Aswat Nissa, a recensé une augmentation préoccupante de la violence sexuelle.

« Avant le coup de force du président Kaïs Saïed le 25 juillet, le sujet des violences faites aux femmes faisait partie du débat public. Et aujourd'hui, en tant qu'association féministe, nous pensons que ces questions sont toujours d'actualité. Les luttes féministes ne devraient pas être mises de côté ou hiérarchisées comme moins prioritaires que la crise économique et politique qui touche le pays. La nouvelle génération de féministes est très différente de l'ancienne. Ce sont nos jeunes étudiantes qui ont eu l'idée de la radio, pas nous. La génération Z a une autre vision et d'autres méthodes d'activisme. Ces jeunes aiment l'art, la rue et la liberté d'expression sur les réseaux sociaux. Même leur manière de communiquer et leur langage sont différents donc nous devons les soutenir et leur permettre de s'exprimer sur ces questions féministes », note Sarra Ben Saïd, directrice exécutive de l'ONG Aswat Nissa.

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