Madagascar: Premier ministre malgache - Les militaires ont-ils fait du neuf avec du vieux ?

analyse

Ruphin Fortunat Zafisambo n'aura passé que deux petites semaines à la Primature.

Nommé le 6 octobre 2025 par Andry Rajoelina, en pleine crise, l'ancien général a en effet passé le témoin hier, mercredi 22 octobre, à Herintsalama Rajaonarivelo. Quant à Andry Rajoelina, lui, il a été emporté par la tempête socio-politique qui déferle sur la Grande Île et qui a débouché sur un coup d'Etat du colonel Michael Randrianirina.

Le patron de la CAPSAT (Corps d'armée des personnels et des services administratifs et techniques) a en effet renversé l'ancien président Andry Rajoelina après plusieurs semaines d'une fronde menée par la GEN Z (Génération Z), le Z faisant référence au terme anglais Zoomer, un surnom donné à cette génération hyperconnectée et à l'aise avec les nouvelles technologies numériques, qui a fini par faire dérailler celui qu'on avait surnommé TGV.

Exit donc Ruphin Fortunat Zafisambo : place à Herintsalama Rajaonarivelo, nommé par les nouveaux maîtres du pays. Cet économiste de formation, patron de Banque et chef d'entreprise, a en effet pris ses fonctions deux jours plus tard.

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Une prise de fonction officielle qui a été l'occasion pour le nouveau locataire de la Primature de dévoiler un petit pan de son agenda « tolérance zéro » pour les malversations. « La constitution du gouvernement va se faire incessamment sous peu et ce sera un gouvernement tourné vers l'action, la transparence et la redevabilité. Nous ne tolérerons aucune forme de mauvaise gestion, de corruption ou d'abus de pouvoir », avertit-il.

Il faut espérer qu'il prendra véritablement le taureau malgache par les cornes, d'autant plus que la GEN Z ne désarme pas. Ces jeunes qui ont fait chuter l'ancien régime sont toujours sur le qui-vive, indiquant qu'« aucune magouille, aucun retour d'anciens dinosaures ne passera inaperçu ». On ne sait pas qui est visé en l'espèce, mais on sait que Rajaonarivelo est jugé trop proche de l'ancien DJ qui ne faisait plus danser les Malgaches; on peut donc l'imaginer dans le collimateur des frondeurs.

Au-delà des propos, à lui de poser des actes qui conviennent pour convaincre ses compatriotes que le bateau battant pavillon malgache a mis le cap sur des rivages beaucoup plus cléments pour tous ses concitoyens. Car ne l'oublions pas, la crise socio-politique est née d'abord de revendications sociales, notamment les coupures fréquentes et prolongées d'eau et d'électricité qui paralysaient le quotidien des Malgaches. Ces revendications ont rapidement évolué vers une contestation plus large du système politique.

Rajaonarivelo, dont les liens avec le régime d'Andry Rajoelina sont déjà passés au crible sur les réseaux sociaux, sait désormais ce qu'il lui reste à faire pour ne pas donner raison à ceux qui pensent que les militaires ont fait du neuf avec du vieux.

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