Selon le Docteur Babacar Guèye, «la recherche africaine doit se faire entendre pour transformer la santé en Afrique». Il s'exprimait lors d'une rencontre organisée par Speak up Africa dans le cadre de l'initiative «Les Voies Africaines de la Science» à Saly-Portudal. Le Dr Babacar Gueye, Directeur de la Planification, de la Recherche et des Statistiques au ministère sénégalais de la Santé et de l'Hygiène publique, a appelé à une meilleure valorisation de la recherche africaine.
L'événement, accueilli par le Sénégal, vise à former des chercheurs africains à communiquer efficacement avec les médias pour amplifier l'impact de leurs travaux. En effet, il est impératif de diffuser la recherche pour influencer les politiques. «Une recherche qui ne sert pas à améliorer les politiques de santé ou qui reste inconnue du public et des scientifiques n'a aucun impact», a déclaré le Dr Gueye.
Selon lui, les médias constituent un levier essentiel pour diffuser les résultats de la recherche et renforcer leur portée. Cette démarche s'inscrit dans une volonté de positionner les experts africains au coeur du débat scientifique mondial.
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Concernant les défis, le Dr Gueye a identifié plusieurs priorités pour faire avancer la recherche en santé sur le continent africain. Ainsi, la souveraineté pharmaceutique et la coopération régionale restent des actes à promouvoir. C'est pourquoi, dans le cadre de l'agenda national de transformation du Sénégal, la production locale de vaccins et de médicaments est une priorité.
Le Dr Gueye plaide pour une mutualisation des efforts entre pays africains, proposant une spécialisation complémentaire - par exemple, un pays se concentrant sur les anticancéreux, un autre sur les antibiotiques - pour répondre aux besoins d'un marché continental de 1,5 milliard d'habitants.
L'autre défi consiste à renforcer les essais cliniques en Afrique. Moins de 2% des essais cliniques mondiaux sont conduits en Afrique ; ce qui constitue un déficit criant, selon le Dr Gueye. Il insiste sur la nécessité que les médicaments destinés aux populations africaines soient testés sur le continent, par des chercheurs africains, pour garantir leur pertinence et leur efficacité.
L'évaluation économique, pour des politiques de santé efficaces, doit également être de mise. Le Dr Gueye a souligné l'importance des analyses coût-efficacité pour orienter les investissements en santé. Ces évaluations doivent fournir aux décideurs des données scientifiques robustes, mettant en avant la prévention comme stratégie clé, conformément à l'adage : «mieux vaut prévenir que guérir».
En outre, il y la sécurité sanitaire et la réponse aux crises. En lien avec le récent traité pandémique adopté par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Dr Gueye a rappelé l'importance de la sécurité sanitaire. Il a évoqué les efforts du Sénégal dans la gestion des épidémies, soulignant l'enjeu de renforcer les capacités de réponse aux crises à l'échelle continentale.
Tous ces défis et enjeux doivent reposer sur une vision pour l'avenir. En conclusion, le Dr Baraka Gueye a appelé à une recherche africaine plus visible et mieux alignée sur les priorités du continent. «La recherche doit être le moteur de la souveraineté sanitaire et de l'amélioration des politiques de santé en Afrique», a-t-il affirmé. Cette vision, portée par une communication stratégique avec les médias, pourrait transformer durablement le paysage sanitaire africain.