Madagascar: Problème dans les prisons - Le SMM lance un ultimatum de 48 heures

Le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) alerte sur la paralysie des prisons due à la grève pénitentiaire. Il accorde 48 heures aux autorités avant de déclencher une grève nationale.

Un cri d'alarme. Le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) tire la sonnette d'alarme face à la crise qui paralyse actuellement le fonctionnement des établissements pénitentiaires du pays. Depuis plusieurs jours, les prisons refusent de recevoir de nouveaux détenus en raison de la grève menée par le Syndicat de l'administration pénitentiaire (SAP). Ce blocage provoque un dysfonctionnement général de la chaîne judiciaire, perturbant à la fois les procédures de détention et l'exécution des décisions de justice.

Face à cette situation jugée intenable, le SMM a lancé un ultimatum de 48 heures aux autorités pour rétablir l'ordre et débloquer la situation dans les prisons.

« Les personnes frappées d'un mandat de dépôt ne peuvent pas être incarcérées, tandis que celles bénéficiant d'une liberté provisoire restent bloquées. Cela engendre des frustrations, tant pour les plaignants que pour les familles des personnes placées sous détention préventive », a expliqué Mbitanarivo Andriatsihorisoa, président du SMM, lors d'une conférence de presse tenue hier à Anosy.

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Sorties irrégulières de prisonniers

Le syndicat dénonce également des « sorties irrégulières » de prisonniers, présentées comme des libérations à caractère politique. Selon le SMM, ces libérations s'effectueraient en dehors du cadre légal prévu par le Code de procédure pénale. Les magistrats affirment n'avoir pris aucune décision autorisant ces remises en liberté.

Le président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, a lui-même déclaré ne pas avoir été informé de ces mesures et a promis de « prendre les dispositions nécessaires » pour y remédier.

« Nous n'allons pas tolérer ces dérives. Nous attendons désormais l'effectivité des décisions annoncées par le Chef de l'État », a martelé le président du SMM.

Le syndicat met aussi en garde contre les pressions hiérarchiques exercées sur les magistrats et les responsables pénitentiaires. Certains ordres politiques, affirme-t-il, seraient transmis sous couvert de « principe de subordination hiérarchique », une pratique contraire au principe d'indépendance de la justice.

Faute de réaction dans le délai imparti, le Syndicat des magistrats prévoit d'observer à son tour une grève nationale, en signe de protestation et de solidarité avec les acteurs du système pénitentiaire.

Le SMM appelle enfin à une réforme en profondeur du secteur de la justice, à la fin des ingérences politiques et à la restauration de la confiance entre institutions judiciaires et exécutives.

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