Ile Maurice: La renaissance d'une artiste qui sème des paillettes

Après une période sombre, Saleema Jahangeer revient sur la scène artistique locale avec un concept visuel audacieux et lumineux.

Saleema Jahangeer, plus connue sous le nom de Salee des bois du collectif Folies d'Art, refait parler d'elle avec un projet artistique flamboyant, plein de couleurs et de paillettes. Professeure d'art à la Greencoast International School, elle a longtemps été reconnue pour son travail auprès des enfants et pour sa créativité débordante.

En 2017, elle était au coeur du projet Protez Later Nou Zanfan, une initiative mêlant art et écologie, où les enfants prenaient la parole pour défendre un environnement plus verdoyant.

Mais après plusieurs années d'activité intense, la voix et la présence de Saleema Jahangeer s'étaient faites plus discrètes. L'artiste confie avoir traversé une période difficile. «Après mon divorce en 2022, j'ai sombré dans la dépression. Il fallait tout recommencer, repartir de zéro. Aujourd'hui, c'est l'art qui me fait renaître», confie-t-elle avec sincérité.

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Cette renaissance se traduit à travers ce qu'elle appelle son projet «de malade». Un concept qu'elle a présenté, le 3 octobre dernier, lors de la cérémonie marquant les 60 ans de Xerox à Maurice et les 20 ans d'EO Solutions, le distributeur exclusif de la marque. Le succès a été immédiat.

Son idée ? Transformer le corps humain en toile vivante. «Il s'agit de présenter le corps comme un canevas : peintures, messages, paillettes, faux tatouages ou encore la pose de pierres. Le but est de sublimer le corps», explique-t-elle. Pour cette performance, elle a peint en direct un mannequin aux reflets dorés et rouges, avant qu'il ne s'anime, brillant de mille feux, au milieu du public. «La performance est un tout : elle englobe un storytelling, de la musique et des jeux de lumière. C'est coloré, poétique et vibrant. Ce concept peut s'adapter à divers événements», précise-t-elle.

Ses créations sont visibles sur sa page Instagram Folies d'Art, et l'artiste ne s'arrête pas là. Avec son groupe Mama Difé, constitué en 2019 en compagnie de trois autres mamans, elle propose aussi des spectacles pyrotechniques. «Cela demande beaucoup de travail et de pratique. Depuis l'année dernière, nos performances prennent de l'ampleur», se réjouit-elle.

Pour Saleema Jahangeer, l'art est bien plus qu'une expression : c'est une philosophie de vie. «It's sharing the love. Je fais ce que j'aime et je partage ce que j'aime autour de moi. Je sème les paillettes dans la vie des gens», dit-elle en riant. Et déjà, sa fille Keïla suit ses traces, marchant dans les pas scintillants de sa mère.

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