Kenya: Cinq villages et une forêt au coeur de la course mondiale aux terres rares

Pure niobium

Cinq villages kényans et une forêt se retrouvent malgré eux au coeur d'un jeu géostratégique, la course mondiale aux terres rares, qui implique notamment la Chine et les États-Unis.

Washington fait de la sécurisation des minerais critiques un élément central de sa diplomatie en Afrique, espérant concurrencer le quasi-monopole de la Chine dans ce secteur stratégique. Le ministère kényan des Mines souhaite profiter de ses ressources pour attirer les investisseurs avec des allégements fiscaux et faire passer le secteur minier de 0,8 % du PIB à 10 % d'ici à 2030. Mais la communauté locale craint, elle, d'être expulsée de ses terres coutumières.

Le site est petit, il fait environ 3,6 km2 au total, mais le gisement sur lequel il repose a été évalué à 62,4 milliards de dollars par la compagnie minière Cortec Mining Kenya. L'objet de toutes les convoitises, le niobium, un minerai utilisé pour renforcer l'acier. Alors depuis plusieurs mois, des visiteurs étrangers, américains, chinois et australiens affluent à bord de voitures 4x4 vers Mrima hill, une jolie colline boisée située à la frontière tanzanienne.

Ce ballet inquiète le chef de la communauté. Car le site convoité est une luxuriante forêt, riche en plantes médicinales, qui abrite des sanctuaires sacrés et assure depuis longtemps la maigre subsistance d'une population déjà très pauvre. Mais ce que redoutent davantage les habitants, c'est d'être expulsé si la mine était exploitée.

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En 2019, le Kenya avait imposé une interdiction nationale sur les nouvelles licences minières en raison de la corruption et des atteintes à l'environnement. Mais cette interdiction a été progressivement assouplie. Et comme la Chine limite de plus en plus ses exportations de terres rares, Nairobi voit dans ce gisement de niobium une opportunité. Washington et Pékin l'ont bien compris et se sont positionnés.

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