Cameroun: La réélection frauduleuse de Paul Biya plonge le pays dans une crise post-électorale

27 Octobre 2025

Le Cameroun traverse un période de tension extrême après la proclamation des résultats de l'élection présidentielle du 12 octobre 2025. Le Conseil constitutionnel a officiellement déclaré le président sortant Paul Biya, 92 ans, vainqueur avec 53,66 % des suffrages, lui octroyant un nouveau mandat. Ce résultat a immédiatement été rejeté comme frauduleux par son principal rival, Issa Tchiroma Bakary, qui était crédité de 35,19 % des voix par le Conseil mais qui revendique la victoire avec environ 55 % des voix selon son propre décompte, dénonçant un hold-up électoral .

Cette annonce attendue n'a pas apaisé les tensions et a jeté de l'huile sur le feu. La crise politique est désormais une réalité palpable. En signe de protestation, les ambassadeurs de plusieurs pays, dont les membres de l'Union européenne, le Canada, le Royaume-Uni et la Suisse, ont boudé la cérémonie de proclamation, un geste diplomatique fort qui souligne la défiance de la communauté internationale . La contestation populaire, réprimée par les forces de sécurité, a déjà entraîné des morts. À Douala, des heurts entre forces de l'ordre et partisans de Tchiroma ont coûté la vie à au moins quatre personnes, selon le gouverneur de la région .

La situation sur le terrain est volatile. Les grandes villes du pays, comme Marouaet Garoua, fief de l'opposant, sont le théâtre d'une impressionnante crise post-électorale. Le gouvernement a tenté d'étouffer la mobilisation en interdisant les rassemblements et en déployant un important dispositif sécuritaire. La capitale donne l'image d'une ville morte. Issa Tchiroma a lui-même lancé un cri d'alarme depuis son domicile à Garoua, affirmant que les forces de l'ordre tiraient sur des civils qui y campaient. « L'assaut est lancé », avait-il déclaré sur les réseaux sociaux, illustrant la gravité des affrontements . Alors que le pays s'enfonce dans l'incertitude, cette crise post-électorale sans précédent menace durablement la stabilité du Cameroun.

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