Madagascar: La filière litchi impactée par l'arrestation à Maurice du milliardaire Mamy Ravatomanga

À Madagascar, après l'arrestation vendredi 24 octobre de Mamy Ravatomanga à l'île Maurice, le tout-puissant patron de l'ère Rajoelina, les cartes sont rebattues dans la filière litchi, l'une des filières d'exportation les plus rémunératrices du pays. Sodiat, l'entreprise de l'homme d'affaires malgache, qui raflait jusqu'alors la plus grosse part des quotas, a été exclue du groupement des exportateurs du petit fruit rose. À quelques semaines du début de la campagne, les acteurs se réorganisent.

Dans la filière litchi, Mamy Ravatomanga, homme d'affaires proche de l'ex-président Rajoelina, avait imposé toutes ses règles ou presque depuis 2009. Il s'était alloué la plus grosse part des exportations avec son entreprise Sodiat et gare à celles et ceux qui osaient critiquer son diktat.

Jeudi 23 octobre, soit la veille de son arrestation, plusieurs des 27 exportateurs affirment qu'il a appelé au moins quatre d'entre eux. « N'essayez pas de toucher à ne serait-ce qu'un seul kilo de litchis de mes quotas... », aurait-il menacé.

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C'est peine perdue. Dès le lendemain, le groupement des exportateurs du litchi s'est réuni pour prendre une décision radicale, relate Narson Rafidimanana, l'un des membres du Groupement des exportateurs de litchis (Gel). « Les armateurs et les importateurs ne veulent plus entendre parler de Sodiat. Les importateurs et tous les membres du Gel à l'unanimité, nous avons décidé d'exclure la société Sodiat de l'exportation du litchi, annonce-t-il. On ne veut pas être liés à toutes ses malversations. »

« C'est une libération »

Son arrestation et son exclusion sont donc vécues comme un réel soulagement. « C'est une nouvelle ère, c'est une libération parce que, pendant les réunions du Gel, personne n'avait le droit de parler parce que tout le monde avait peur de lui. Le risque, c'était de se faire enlever les quotas, qu'il décide de nous écarter, des choses comme ça. Certains l'ont vécu, témoigne Narson Rafidimanana. Ses parts à lui, on les a divisées entre les 27 exportateurs, de manière équitable. On a favorisé beaucoup plus les petits exportateurs. Par exemple, les gros ont eu 25 tonnes, et les petits ont récupéré 100 tonnes. »

Autre changement : le retour au fret aérien pour les litchis dits « primeurs », autrefois bloqué par Mamy Ravatomanga. Les tout premiers fruits pourront donc quitter la Grande Île dix jours avant l'ouverture officielle de la campagne par bateau, prévue le 19 ou 20 novembre prochain. Quant aux agréments, ils devraient être octroyés très prochainement, dès l'annonce du futur gouvernement.

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