Madagascar: Jirama - Grève persistante, encaissements en berne

La grève et la pression sur la Direction générale de la Jirama se poursuivent, malgré une déclaration intersyndicale appelant à l'apaisement et à la poursuite des efforts pour améliorer l'alimentation en eau et en électricité.

La Jirama s'expose à un haut risque de problème de trésorerie. Quelques jours après l'appel conjoint de plusieurs syndicats à privilégier la voie du dialogue, le conflit social se durcit au sein de la société. Des grévistes exigent la démission du directeur général, Ron Weiss, et la suspension du nouveau statut de la Jirama, jugé inacceptable par une partie du personnel.

En toile de fond, la Direction met en avant des mesures de redressement et une lutte accrue contre les vols et fraudes qui plombent les comptes de l'entreprise publique. Dans les couloirs, certains attribuent la crispation actuelle au durcissement de ces contrôles. Hier, le mouvement a touché plusieurs villes - Antsiranana, Fianarantsoa, Mahajanga, Toamasina, Antsirabe et Antananarivo - où des agences sont restées fermées pour cause de revendications.

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Dans la capitale, quelques points d'accueil ont néanmoins ouvert, notamment Ambatonakanga et Soanierana. Au siège, des activités ont été maintenues pour assurer la continuité du service aux usagers et au personnel. En revanche, le personnel technique, indispensable à l'exploitation, n'a pas cessé ses interventions, évitant ainsi une dégradation immédiate de la situation.

Recherche d'équilibre

Pour sa part, la Direction centrale dit concentrer ses efforts sur la réduction du délestage, priorité absolue alors que les tensions sociales s'ajoutent aux contraintes techniques et financières. Selon nos informations, une rencontre est prévue ce jour avec des chefs d'entreprise et des partenaires de développement afin de discuter des solutions opérationnelles à très court terme. En effet, la Jirama aurait trouvé une solution permettant de limiter les coupures et sécuriser l'approvisionnement pendant la période de tension, tout en préparant des mesures plus structurelles. Sur le plan social, la ligne de fracture demeure nette.

D'un côté, un appel au calme et à la poursuite des réformes ; de l'autre, un bras de fer autour de la gouvernance et de l'évolution statutaire. Entre ces pôles, la recherche d'un compromis passe par des garanties de transparence, un calendrier d'actions partagées et des mécanismes de suivi associant syndicats, management et autorités de tutelle.

À court terme, le défi de la Jirama consiste à garantir le service public d'eau et d'électricité, et ramener la confiance pour éviter l'enlisement. À moyen terme, la Jirama ne pourra faire l'économie d'un cap de redressement lisible - technique, financier et social - pour sortir du cycle récurrent de tensions et de délestages.

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