Congo-Kinshasa: Nouveau bras de fer entre le pouvoir et le PPRD après la signification de sa suspension

À Kinshasa, le ton monte à nouveau entre le pouvoir et le camp de l'ancien président Joseph Kabila. Alors que le PPRD a repris ses activités politiques, le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe a signifié, ce 27 octobre, un arrêté du ministre de l'Intérieur, Jacquemain Shabani daté du 18 octobre, portant suspension des activités du parti. Mais du côté du PPRD, on rejette cette décision et on affirme poursuivre les activités. Un nouvel épisode dans le bras de fer entre le pouvoir en place et le parti de l'ex-président Joseph Kabila.

Tout commence en avril de cette année. Le ministère de l'Intérieur avait annoncé la suspension administrative du PPRD, après la présence de Joseph Kabila à Goma, une ville alors occupée par les rebelles de l'AFC/M23. Mais dix-huit jours plus tard, le parti de l'ancien président reprend ses activités, estimant que la loi congolaise prévoit une reprise automatique quinze jours après si pas de notification officielle.

Et puis, lundi 27 octobre, nouvel épisode : un affichage au Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe confirme la signification de l'arrêté de suspension.

Le PPRD dénonce une « provocation »

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Le PPRD, lui, dit ne pas avoir vu ce document et dénonce une manoeuvre politique. Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du parti, ne mâche pas ses mots, et déclare que « si cette suspension existe, elle n'engage pas le PPRD ». Il parle de dictature, d'acharnement contre son parti. « Les activités continuent, le reste, c'est de la provocation », ajoute-t-il.

Cette tension intervient alors que Joseph Kabila, condamné à mort et en exil, tente de réoccuper l'espace public et médiatique, y compris à Kinshasa. Il y a trois jours, sa plateforme « Sauvons la RDC », née à Nairobi il y a deux semaines, a tenu sa première conférence de presse dans la capitale.

Reste à savoir comment le pouvoir va réagir, lui qui a les proches de Joseph Kabila dans le viseur depuis plusieurs mois.

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