Le parti au pouvoir, Pastef est monté au créneau hier, vendredi 24 octobre pour apporter la réplique aux avocats de l'ancien chef de l'Etat, Macky Sall accusé d'avoir dissimilé une partie de la dette contractée par son régime dans la période 2019-2023. Face à la presse, Waly Diouf Bodiang, Dr Babo Amadou Ba et Dame Mbodj qualifiant la sortie de la défense de l'ancien président de « stratégie de victimisation », ont toutefois juré de faire répondre à l'ex-Macky Sall de ses actes.
Que les avocats de l'ancien chef de l'État, Macky Sall, accusé d'avoir dissimulé une partie de la dette contractée par son régime entre 2019 et 2023, se le tiennent pour dit. Le régime en place ne transigera pas sur cette affaire qui cristallise le débat public depuis septembre 2024. En conférence de presse hier, vendredi 24 octobre, des responsables du parti au pouvoir, Pastef, parmi lesquels Waly Diouf Bodiang, Dr Babo Amadou Ba et Dame Mbodj sont montés au créneau pour apporter la réplique aux avocats de l'ancien chef de l'État, qualifiant leur sortie du jeudi dernier de « stratégie de victimisation ». Face aux journalistes, Waly Diouf Bodiang, directeur général du Port autonome de Dakar (PAD), et ses camarades de parti, après avoir dénoncé le recours à des avocats internationaux par l'ex-chef de l'exécutif sénégalais, ont juré de le faire répondre de ses actes. « On aura Macky Sall sans le viser. Il devra simplement répondre de ses actes », a assuré le directeur général du Pad estimant dans la foulée que le recours à des avocats internationaux par l'ex-chef de l'exécutif sénégalais « n'a aucun sens ».
« À ce stade, nous ne sommes pas encore dans un combat judiciaire. Ce n'est pas un avocat qu'il fallait aller chercher, mais des spécialistes du droit budgétaire et des finances publiques pour expliquer les mécanismes de la dette », a-t-il déclaré. Poursuivant son propos, Waly Diouf Bodiang a accusé l'ancien président d'avoir mis en place « un système global de tricherie ». « Tout était faux sous Macky Sall : les chiffres, les bilans, les discours. Ce qui était vrai, c'est qu'il s'appelait Macky Sall et qu'il était président », a-t-il ironisé, avant d'ajouter : « Nous n'avons pas besoin de créer une dette de 4 000 milliards pour l'obtenir. Le Sénégal consacre près de 16 milliards de FCFA chaque mois au remboursement du service de la dette. Macky Sall devra simplement répondre de ses actes. On aura Macky Sall sans viser. Il devra simplement répondre de ses actes. »
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Prenant à son tour la parole, le directeur général du Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3FPT), Dr Babo Amadou Ba, est revenu sur cette dette supposée cachée. Il a déclaré que plus de 4 065 milliards de FCFA ont été tracés dans des banques sous forme de crédits directs, obtenus grâce à des lettres de confort et des attestations d'ouverture bancaire, sans information préalable de l'Assemblée nationale. Poursuivant, il a révélé l'émission de 75 certificats d'obligations nominatives pour un montant total de 546 milliards de FCFA, ainsi que des garanties de l'État accordées à vingt entreprises en substitution de débiteurs, pour 238 milliards de FCFA. Selon lui, toutes ces opérations représenteraient 1 267 milliards de FCFA de transactions non déclarées.
Abondant dans le même sens, Dame Mbodj, directeur général de la Société de Gestion des Infrastructures publiques dans les Pôles Urbains de Diamniadio et du Lac Rose (SOGIP SA), a estimé que « les arguments des avocats de Macky Sall sur les rapports cachés sont tirés par les cheveux ». Estimant que « le camp de l'ancien président est dans la peur et la manipulation » parce qu'ils « savent qu'ils risquent de finir leur vie en prison », Dame Mbodj insiste sur la nécessité de l'arrestation de l'ancien chef de l'Etat. « Macky Sall doit être arrêté avec tout ce qu'il a fait au Sénégal. Il n'a qu'à venir se défendre ici, au lieu d'être au Maroc en train de manger nos milliards. »
« On doit dissoudre le parti APR parce que... »
Allant plus loin, Dame Mbodj par ailleurs ancien responsable du Cusems authentique a appelé à la dissolution de l'Alliance pour la République (APR), ancien parti au pouvoir. « On doit dissoudre le parti APR parce que les nervis lors des événements de mars provenaient de leur siège à Mermoz. Ils ont manipulé la police et l'opinion internationale. Un parti qui a commis toutes ces horreurs ne doit pas participer au suffrage des Sénégalais. Dissoudre l'APR, c'est respecter le peuple. » Il a conclu en rappelant que :« Le Pastef avait été dissous alors qu'il ne faisait que se battre pour le peuple. Un militant de l'APR ne devrait ni se présenter à une élection ni disposer d'un siège au Sénégal. »