Centrafrique: Le procès du chercheur belgo-portugais Martin Figueira s'est ouvert à Bangui

Le chercheur belgo-portugais a été arrêté en mai 2024 dans le sud-est du pays où il travaillait comme consultant pour une ONG américaine. Il est poursuivi pour six chefs d'inculpation dont atteinte à la sûreté de l'État.

Le procès de Joseph Figueira s'est ouvert aux alentours de 10h30 heure locale, ce 28 octobre, dans le cadre de la session criminelle de la cour d'appel de Bangui. La première audience s'est tenue en présence de l'accusé qui portait la tenue orange des prisonniers. Mais immédiatement, son avocat, Me Tiangaye, a soulevé plusieurs irrégularités.

En cause : deux nouveaux avocats présentés par la partie civile et de nouvelles pièces à convictions ajoutées au dossier, sans qu'il en soit informé. Sa requête a été rejetée par le tribunal, qui a procédé ensuite à l'interrogatoire de l'accusé. Il a porté principalement sur ses relations avec les groupes armés centrafricains, son travail sur l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony. Également sur ses liens avec la Cour pénale internationale.

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L'air serein, l'accusé a affirmé avoir pris contact avec certains chefs rebelles, mais uniquement, a-t-il dit, dans le cadre de ses travaux de recherche et d'expertise, rapporte notre correspondant à Bangui, Rolf Steve Domia-leu. Il reconnaît notamment avoir échangé avec Ali Darassa, chef de l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC).

Âgé de 41 ans, Martin Figueira explique avoir répondu à un appel du gouvernement américain lancé en 2021, promettant une récompense de cinq millions de dollars pour toute information pouvant mener à l'arrestation du chef rebelle Joseph Kony, recherché pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

La partie civile pas convaincue

Mais pour la partie civile, ces explications ne convainquent pas. Elle dénonce une stratégie de diversion et affirme détenir des preuves tangibles : transferts d'argent, enregistrements téléphoniques et documents divers, retrouvés notamment dans un téléphone portable.

Ce procès est un soulagement pour les proches de Joseph Figueira, poursuivi notamment pour complot, espionnage et atteinte à la sûreté de l'État. Il intervient 17 mois après son arrestation par les paramilitaires russes de Wagner, dans le sud est de la Centrafrique. Il travaillait alors pour une ONG américaine FHI 360 sur les questions de développement et de prévention des violences dans la région.

Les proches de Joseph Figueira dénoncent un « dossier vide » et une « instrumentalisation de la justice » par les paramilitaires russes de Wagner. Son interrogatoire devrait se poursuivre à la reprise des audiences, ce mercredi 29 octobre.

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