Afrique: Un journaliste préconise 'une participation intégrante' des médias dans la gouvernance des pays africains

Dakar — Le journaliste camerounais Eric Chinje, fondateur du Forum des leaders des médias africains, milite pour "une participation intégrante" des médias dans la gouvernance des pays africains, en vue de mieux accompagner le processus de développement du continent.

"Les dirigeants africains n'ont pas encore compris le rôle des médias sur ce continent, puisqu'on est en train d'innover, de changer de paradigmes sociologiques et la manière dont nous construisons notre société. Les médias doivent accompagner le processus de développement des pays africains, et cela repose sur une participation intégrante du journaliste dans la gouvernance des pays africains", a-t-il déclaré.

Eric Chinje, ancien directeur de communication pour l'Afrique de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, participait mardi à un panel portant sur "l'économie et l'innovation des médias".

Ce panel s'est tenu dans le cade de la première édition du Salon international des médias d'Afrique (SIMA), qui se tient à Dakar du 27 au 31 octobre.

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En marge de ce cadre de réflexion réunissant des acteurs des écosystèmes des médias du Togo, du Mali et du Cameroun et du Sénégal, l'expert s'est interrogé sur la compréhension des journalistes des politiques publiques mises en oeuvre par les États africains.

"Aujourd'hui, si je pose la question à un journaliste africain, à savoir d'expliquer le vison du président de son pays, je suis sûr que beaucoup de journalistes seront incapables de le faire", dit-il, ce qui constitue à ses yeux "un problème".

Selon Eric Chinje, pour que le journaliste "fasse bien son travail, il doit comprendre au moins où le dirigeant veut emmener le pays et puis voir, à travers le contenu de la presse, dans quelle mesure accompagner ce processus de développement".

M. Chinje a souligné la nécessité de renforcer la formation des journalistes, mais également de procéder à leur spécialisation.

"Il faut informer, éduquer les journalistes. Nos écoles de journalisme passent le temps à répéter que les médias sont le quatrième pouvoir, mais [...] il faut expliquer ce concept en termes réels et aider les journalistes à comprendre l'économie, la santé, l'éducation, l'agriculture, l'industrialisation et tous les défis des pays africains pour arriver à une spécialisation", a-t-il dit.

Il a invité les dirigeants africains à plus d'ouverture envers les médias, mais aussi à renforcer l'écosystème médiatique pour une meilleure vulgarisation des politiques publiques.

"Du côté des pouvoirs publics, les dirigeants doivent comprendre que sans l'accompagnement de la presse, nos pays n'iront nulle part, donc nos dirigeants doivent aider la presse à accompagner le processus de développement de nos pays", a-t-il ajouté.

Il a fait observer que les Etats africains "investissent beaucoup d'argent pour se défendre, c'est peut-être normal, mais on se défend contre qui, moi je crois que le premier niveau de défense, c'est la mentalité et c'est là où joue la presse [...], mais si on doit acheter des avions de chasse à coût de milliards, qu'est qu'on fait pour contrecarrer le recul des mentalités qui doivent changer pour accélérer le développement ?", se demande-t-il.

"C'est pourquoi, j'estime qu'il faut repenser le journalisme en Afrique", a poursuivi le fondateur du Forum des leaders des médias africains, en saluant les efforts du Sénégal dans la promotion de la liberté de presse à travers notamment la construction et l'équipement de la Maison de la presse Babacar Touré.

Il a aussi plaidé pour l'organisation, dans tous les pays africains, de salons internationaux des médias pour mieux sensibiliser les autorités, les acteurs de la société et les autres partenaires de la presse sur les enjeux du secteur.

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