Les autorités mauriciennes doutent de la véracité de son état de santé. Dix-sept jours après son arrivée sur le sol mauricien, le séjour de Mamy Ravatomanga, prévu au départ comme une simple escale, vire à un imbroglio politico-judiciaire.
Hier, le Premier ministre mauricien, Sir Navin Ramgoolam, a été interpellé à l'Assemblée nationale à travers une Private Notice Question (PNQ) déposée par le chef de l'opposition.
Une contre-expertise ordonnée. Lors de son intervention, le chef du gouvernement mauricien a confirmé la tenue prochaine d'une contre-expertise médicale afin de vérifier le véritable état de santé du magnat malgache. Cette décision fait suite aux doutes persistants sur une possible simulation de maladie, perçue par certains comme une stratégie pour éviter toute mesure de détention ou d'extradition.
Sir Navin Ramgoolam a également transmis aux députés le rapport de l'Aviation civile mauricienne, un document de neuf pages qui revient sur les circonstances de l'arrivée de Mamy Ravatomanga à Maurice. Le rapport évoque un voyage prémédité impliquant également l'ancien Premier ministre malgache Christian Ntsay, ainsi que l'organisation d'un dîner de gala sponsorisé par Jet Prime Ltd., laissant supposer que le déplacement n'était pas purement fortuit.
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Toujours selon le Premier ministre, d'autres départements d'investigation internationaux (dont le FBI) pourraient désormais s'impliquer, notamment dans le cadre du mystérieux dossier "Triple 7". Cette affaire, déjà explosive, prend une dimension régionale, voire internationale, alors que plusieurs anciens dossiers refont surface : trafics de bois précieux, transferts financiers suspects et opérations obscures autour des Boeings 777.
Cloué à Maurice depuis près de trois semaines, Maminiaina Ravatomanga se retrouve aujourd'hui au coeur d'un enchevêtrement d'affaires mêlant politique, finance et justice. Le feuilleton mauricien ne semble qu'à ses débuts, et la contre-expertise médicale annoncée pourrait bien marquer un tournant décisif dans le sort de l'homme d'affaires malgache, longtemps considéré comme intouchable sous le régime orange.