L'économie tunisienne, en dépit du comportement contrasté de certains secteurs, continue à maintenir des perspectives établies, du moins à court terme.
Et comme on a tendance à le rappeler, notre pays doit cette assurance à la consolidation progressive de la santé financière, la reconquête de la dynamique productive, la progression plus ou moins encourageante des investissements, comme le confirment les dernières statistiques de l'INS, et la fiabilité des réformes sectorielles engagées.
Reste que malgré cette embellie de nos fondamentaux économiques, il est encore très tôt de crier victoire et de se laisser aller. Notre économie est encore loin de ses performances habituelles, alors que les enjeux du marché international sont de plus en plus complexes.
Le dernier rapport du Fonds monétaire international, (FMI) sur les perspectives économiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord relève d'ailleurs qu'en dépit «des perspectives favorables, des risques sérieux pourraient affecter les économies de la région».
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Des risques qui portent, essentiellement, sur la complexité des conditions financières internationales, la progression préoccupante de l'inflation dans les pays avancés et les mutations géopolitiques assez fréquentes. Autant de facteurs contraignants, surtout pour les pays qui ont un besoin urgent de financement, car ils peuvent conduire à des hausses sensibles des coûts d'emprunt.
L'on estime également que la volatilité du marché international du pétrole pourrait sanctionner davantage les économies des régions, notamment celles à forte dépendance énergétique, comme c'est le cas pour notre pays.
N'oublions pas que les importations des matières énergétiques sont en train non seulement de maintenir des pressions fortes sur nos finances publiques, mais aussi d'impacter notre politique commerciale dans son ensemble.
D'ailleurs, une étude récente de l'Institut arabe des chefs d'entreprise (Iace) publiée le 24 septembre dernier, retient que «les importations des matières énergétiques, malgré une légère baisse durant les 9 premiers mois de l'année en cours, en raison d'un ralentissement de la demande intérieure en produits de base, restent, tout de même, assez élevées, et pèsent lourdement sur la balance commerciale». Ce qui justifie un déficit conséquent.
Toutefois, un tel déficit n'est pas aussi inquiétant que le pensent certains, car en plus du fait conjoncturel, l'économie tunisienne est en mesure de redresser la barre pour peu qu'elle s'assure un meilleur équilibre sectoriel et structurel qui pourrait l'aider à mieux intégrer les chaînes de valeur mondiales.
Cet équilibre repose, de toute évidence, sur la réactivation des exportations au niveau de certains secteurs, comme l'énergie, les produits technologiques et les composants électroniques.
Il est important de préciser que les exportations de ces secteurs, malgré une légère amélioration, sont encore incapables de traduire leur potentiel, ce qui explique un niveau en volume et en valeur trop timide par rapport à celui atteint par nos concurrents directs.