Soudan: « La chute et les massacres de civils à El-Fasher sont une honte pour l'humanité », déclare le gouverneur du Darfour

Khartoum — « Votre silence a gravé la honte dans le coeur de l'histoire et restera le témoin d'une époque où le monde a abandonné son humanité ». C'est ainsi que Minni Arko Minawi, gouverneur du Darfour et chef du Mouvement pour la libération du Soudan (Sudan Liberation Movement/Army SLM/A), a accusé la communauté internationale d'avoir assisté, impuissante, à la conquête et aux massacres perpétrés contre la population à El-Fasher, la capitale provinciale du Nord-Darfour, par les miliciens des Forces de soutien rapide.

Minna dirige la faction du SLM qui a participé au processus de paix soudanais de 2019 et a été nommé à la tête du gouvernement régional du Darfour en août 2021. Les combattants qui lui sont fidèles ont lutté aux côtés de l'armée régulière (Sudan Armed Forces) pour garder le contrôle d'El-Fasher, assiégée depuis 18 mois par les hommes des RSF.

Selon Minna, la chute de la ville a été facilitée par l'intervention d'au moins une puissance étrangère qui a utilisé des moyens sophistiqués pour aider les miliciens du RSF. « El-Fasher ne serait pas tombée si les pays agresseurs n'avaient pas utilisé leurs capacités matérielles, logistiques et de renseignement, au point, grâce à l'aide d'agences de renseignement étrangères, de bloquer les équipements de communication par satellite, interrompant ainsi les contacts entre les forces combattantes à El-Fasher et les centres de commandement dans les autres villes », a-t-il déclaré dans un discours diffusé hier soir, 28 octobre. Minawi a ajouté que les RSF ont bénéficié du soutien de « mercenaires originaires de pays voisins et d'outre-mer, ainsi que de drones provenant de l'étranger ».

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Avec la prise d'El-Fasher, les RSF contrôlent désormais les cinq capitales du Darfour, la région occidentale du Soudan, où un gouvernement parallèle dirigé par le chef des RSF, Mohamed Hamdan Dagalo, s'est installé en août dans la ville de Nyala, capitale du Darfour-Sud. D'un côté, on craint la partition du Soudan, mais de l'autre, on n'exclut pas une reprise de l'offensive des RSF vers le reste du pays jusqu'à la capitale Khartoum, d'où elles avaient été chassées fin mars.

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