Soudan: Les armes émiriennes, facteur décisif dans la chute d'El-Fasher

S'appuyant sur des rapports des renseignements américains, le quotidien Wall Street Journal vient d'apporter une nouvelle preuve de l'implication des Émirats arabes unis dans la crise saoudienne.

Le Wall Street Journal s'appuie sur plusieurs agences de renseignement américaines pour affirmer que les Émirats arabes unis avaient accéléré cette année leurs fournitures d'armes aux Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan, pays sous embargo international en ce qui concerne les livraisons d'armes.

Selon le journal américain, Abou Dhabi a livré des drones chinois sophistiqués « à une importante milice soudanaise », renforçant ainsi « un groupe accusé de génocide et jetant de l'huile sur le feu dans un conflit qui a créé l'une des pires crises humanitaires au monde ».

Des armes livrées par les Émirats arabes unis

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Selon d'autres informations fondées sur le renseignement soudanais, et qui vont dans le même sens que les affirmations du journal américain, 52 vols cargo ont transmis du matériel militaire vers l'Est et le Sud libyens, dirigés par le maréchal Khalifa Haftar, allié des Émirats, entre le 2 et le 27 octobre. Ces armes ont été acheminées ensuite par voie terrestre, vers le Darfour, comme depuis le début de la guerre.

Ces vols partaient de l'aéroport de Bosaso en Somalie ou d'aéroports aux Émirats. Il s'agit d'appareils cargos de transport militaire : des Ilyushin II-76 ou des Boeing 747. Ces avions dépendent d'Abou Dhabi ou de Khalifa Haftar. Ils atterrissent à la base el-Khadem à Benghazi ou à al-Koufra dans le Sud-Est libyen.

Libya Osint a récemment repéré cinq avions-cargos à l'aéroport militaire d'al-Koufra, non loin de là, où il y a un camp de ravitaillement et de repos pour les FSR. Ce camp a été investi la semaine dernière par les combattants de l'ANL. Quant aux drones, il s'agit, selon nos informations, de la marque chinoise Sunflower, dont la portée pourrait atteindre 2 000 kilomètres. Ce sont ces mêmes drones qui ont visé la semaine dernière l'aéroport de Khartoum le 23 octobre, un jour avant sa réouverture.

La Libye pointée du doigt

Depuis la chute d'El-Fasher, plusieurs sources au Soudan pointent du doigt la Libye, affirmant que les drones qui ont frappé la localité venait de l'extérieur du pays. L'observateur soudanais Machad affirme que sept des drones qui ont visé El-Fasher le 26 octobre, ont été lancés depuis la Libye.

Par ailleurs, à plusieurs reprises, des véhicules militaires Spartan 2-Mav fabriqués aux Émirats ont été vues sur le terrain au Kordofan et au Darfour. Certains sont passés lors des combats aux mains de l'armée régulière lors des combats. D'autres types d'armes sophistiqués venant d'Abou Dhabi ont été détruits autour d'El-Fasher et de Nyala, comme les systèmes de défense et antiaérien et les systèmes de brouillage.

Un rapport récent exposé devant l'ONU a démontré que des armes britanniques et des moteurs de véhicules militaires exportés par Abu Dhabi ont été utilisées par sur les tanks Nemr fabriqués aux Émirats et retrouvés sur le terrain en Libye. L'information a été révélée dans le quotidien The Guardian.

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