Afrique: Une conférence humanitaire sur les Grands Lacs à Paris

29 Octobre 2025

Le sommet veut notamment répondre aux déplacements massifs des populations qui fuient le conflit dans l'est de la RDC. Les ONG appellent à une mobilisation urgente.

Alors que la situation humanitaire ne cesse de se détériorer dans l'est de la République démocratique du Congo, il se tient ce jeudi (30.10) à Paris la Conférence internationale pour la paix et la prospérité dans la région des Grands lacs.

Le conflit entre l'armée congolaise et les rebelles de l'AFC-M23, soutenus par le Rwanda, a fait plus de deux millions de nouveaux déplacés internes. Ce qui porte à plus de 5,7 millions, le nombre des personnes déplacées en RDC.

90 % des 5,7 millions des déplacés internes congolais se trouvent dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri, dans l'est de la RDC. Des ONG locales et internationales appellent donc à une action urgente en faveur de la région des Grands lacs.

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Parmi ces organisations figure Action contre la faim, l'ACF. Florian Monnerie, son directeur en RDC, redoute que si rien n'est fait, la crise pourrait s'aggraver dans les prochains mois. Pour lui, "il s'agit de voir non seulement les conséquences du conflit et comment y faire face, mais aussi, de voir quelles sont les causes du conflit et comment travailler avec les populations, avoir la population au centre de la réponse. Ça prend du temps de pouvoir recréer, dans certaines zones, quand elles ont disparu, toutes les actions de paix qui sont nécessaires au niveau local, afin que les humanitaires puissent continuer à fournir l'assistance pour les services de base."

Le nombre de personnes qui ont besoin d'un soutien humanitaire augmente chaque jour en RDC. L'ACF estime ainsi que près de 30 millions de Congolais sont en insécurité alimentaire et précise qu'un enfant sur deux a besoin d'une aide alimentaire.

Bruno Lemarquis, représentant spécial adjoint du secrétaire général de l'Onu et coordinateur humanitaire en RDC, rappelle que les femmes doivent être la priorité de l'action conduite sur le terrain.

"C'est une crise essentiellement de protection (des femmes), car ce sont elles qui sont les premières victimes de ces crises, constate-t-il. Et c'est une crise de déplacement puisqu'en ce moment, les derniers chiffres qu'on a validés, ce sont 5,7 millions de déplacés internes au Congo. Des besoins vraiment énormes, auxquels les humanitaires font tout pour répondre, mais ils n'ont pas de moyens, surtout maintenant avec les coupes budgétaires."

La conférence internationale de Paris intervient, alors qu'une centaine de groupes armés opèrent dans différentes provinces de l'est de la RDC, notamment en Ituri.

Jean-Bosco Kisoke, spécialiste des questions humanitaires en Ituri, appelle les participants à penser à l'assistance des populations de cette province : "Notre province fait face à une crise sécuritaire et humanitaire. Il y a plus de 1,5 millions des déplacés éparpillés dans une dizaine des sites de déplacés. Ces personnes passent parfois des moments très difficiles en termes de besoins multiformes : les besoins en abris et les besoins en sécurité alimentaire, en protection, en santé, en nutrition et tant d'autres."

Pour les ONG présentes en RDC, la région des Grands lacs traverse l'une des pires crises humanitaires au monde.

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