Cameroun: L'ONU alarmée par les décès signalés après la réélection de Paul Biya

30 Octobre 2025

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme s'est dit, jeudi, « vivement préoccupé » par les informations faisant état de plusieurs décès lors des manifestations qui ont suivi l'annonce des résultats de l'élection présidentielle du 12 octobre au Cameroun.

L'agence onusienne exhorte les autorités à ouvrir « des enquêtes rapides, impartiales et efficaces » sur tous les cas de violence électorale, y compris l'usage « excessif ou disproportionné » de la force, et à traduire les auteurs en justice. Elle insiste également sur « le droit à un procès équitable et le respect de la procédure régulière pour toute personne arrêtée ».

Le Haut-Commissaire Volker Türk appelle les forces de sécurité à s'abstenir de tout recours à la force létale et les manifestants à exprimer leur mécontentement de manière pacifique. « Les dirigeants politiques ainsi que leurs partisans doivent s'abstenir de toute violence et de tout discours de haine », souligne-t-il dans un communiqué.

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Des rassemblements ont éclaté dans plusieurs villes du pays pour contester la réélection du président Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis 1982, déclaré vainqueur « sans surprise » avec 53,66 % des voix, selon les résultats officiels proclamés lundi par le Conseil constitutionnel.

Le chef de l'ONU plaide pour un « dialogue inclusif »

À la suite de ces violences postélectorales, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, s'est dit « profondément préoccupé » par les pertes en vies humaines et les blessés parmi les manifestants comme au sein des forces de sécurité. Il a appelé à une « enquête approfondie et indépendante » sur les incidents, exhortant l'ensemble des acteurs politiques à faire preuve de retenue, à rejeter la violence et à bannir tout discours de haine.

Le chef de l'ONU a invité les autorités camerounaises à garantir « un environnement sûr et sécurisé où les droits de tous les citoyens sont protégés » et à veiller au respect des procédures pour les personnes arrêtées. Il a enfin plaidé pour « un dialogue inclusif » afin de traiter les griefs exprimés et de préserver l'unité nationale : « Il faut résoudre tout différend par des moyens légaux et pacifiques », a-t-il insisté, réaffirmant l'engagement des Nations unies à soutenir la paix et le développement durables au Cameroun.

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