Madagascar: Des tarifs modérés pour l'accès internet au coeur des revendications de la Gen Z

À Madagascar, c'est une revendication récurrente du collectif Gen Z depuis le lancement de la mobilisation ayant conduit à la chute d'Andry Rajoelina : obtenir la baisse du prix des forfaits internet proposés aux particuliers par les trois principaux opérateurs téléphoniques. « L'accès à internet ne doit plus être un privilège réservé à quelques-uns, mais un droit accessible à tous » défend le collectif dans une publication postée ce 30 octobre sur ses réseaux sociaux. À Antananarivo, beaucoup de jeunes expliquent ne pas pouvoir étudier correctement faute de moyens pour acheter une connexion suffisante.

À Antananarivo, la capitale de Madagascar, entre les murs de l'école privée où il étudie la gestion, Torri, 21 ans, dispose d'une connexion wifi souvent capricieuse. Mais dès qu'il rentre chez lui, il doit compter sur ses maigres ressources pour acheter des crédits internet. Faute de moyens, il ne peut étudier autant qu'il le voudrait.

« En ce moment, je suis dans ma période de stage. Je rédige mon mémoire. On a beaucoup besoin d'internet pour faire des recherches, trouver des outils, par exemple pour faire des questionnaires, des Google Forms. Et tout ça est alimenté par la connexion. Il doit y avoir une révision sur les forfaits parce que c'est beaucoup trop cher, même pour les gens qui travaillent, alors imaginez pour nous les étudiants. Tout le monde n'a pas des parents aisés pour souscrire à des contrats qui durent par exemple deux ans. On vit tous dans ce manque. Et ça nous gêne très fortement au quotidien, dans nos recherches, dans nos études, ça ralentit beaucoup notre travail ».

Un giga coûte presque la moitié d'un salaire

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1 giga de connexion internet, pouvant être épuisé en quelques heures de navigation, coûte en moyenne un peu moins de 5 000 ariarys chez les trois principaux opérateurs à Madagascar, soit un peu moins d'un euro. En 2024, selon la Banque mondiale, 80 % des Malgaches avaient un revenu journalier inférieur à environ 1,80 euro.

Elie est propriétaire d'un cybercafé dans la capitale. « Le rapport qualité-prix est médiocre. Parfois, il y a des coupures et on reste les bras croisés. On ne peut rien faire. On fait des réclamations, mais personne n'écoute. Si on paye cher, on mérite quand même un service au top et surtout un débit équitable ».

Le 23 octobre, l'ARTEC, l'Autorité de régulation des technologies de communication, a annoncé avoir saisi les opérateurs pour leur demander « d'examiner dans les meilleurs délais les possibilités d'ajustements tarifaires en faveur des consommateurs ». Une démarche qui, depuis, n'a pas entraîné de réduction du coût des forfaits internet.

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