Sénégal: Rokhaya Niang, la vendeuse d''Ataya' qui rêve de devenir une grande femme d'affaires

Diourbel — Rokhaya Niang, 24 ans, vendeuse de thé chaud ou "Ataya" dans les rues de Diourbel (centre), incarne la résilience et la détermination d'une jeunesse sénégalaise entreprenante et rêve de devenir une grande opératrice économique.

"Mon rêve est de devenir une grande femme d'affaires. Je veux créer ma propre entreprise de commerce", dit-elle.

Entre les klaxons des motos-taxis et les appels des marchands, Rokhaya Niang, silhouette frêle se faufile dans les artères poussiéreuses de la ville, sous le chaud soleil d'hivernage. Casquette vissée sur la tête, sacoche remplie de tasses jetables en bandoulière, elle avance d'un pas décidé, un large sourire aux lèvres.

Dans ses mains, elle tient deux Thermos d'où s'échappent une fine vapeur et une odeur qui donne l'eau à la bouche. "Un bon Ataya pour se requinquer", lance-t-elle en wolof d'une voix enjouée à un groupe de personnes assises à l'ombre d'un kiosque.

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Eût-elle terminé sa phrase qu'elle s'apprête à satisfaire la clientèle à qui elle sert trois tasses fumantes. D'un geste précis et maîtrisé, Rokhaya Niang verse le breuvage, dans ces trois tasses auréolées d'une mousse blanche, au grand bonheur de ses clients.

Depuis deux ans, cette jeune femme de 24 ans parcourt les rues de Diourbel pour vendre du thé chaud. "Certains jours, je gagne 1 000 francs CFA, d'autres un peu plus. Ce n'est pas beaucoup, mais cela me permet de subvenir à mes besoins", raconte-t-elle.

-- Etudes et activité génératrice de revenus--

Candidate libre au baccalauréat qui se refuse toujours à elle après trois tentatives jusque-là infructueuses, Rokhaya Niang ne renonce pas pour autant. "J'ai toujours espoir de le décrocher", dit-elle, déterminée.

En même temps, cette demoiselle habitant le quartier Keur Cheikh Anta, continue de mener sa petite activité génératrice de revenus.

Son parcours scolaire l'a menée de l'école élémentaire Keur Cheikh, au collège ex CMT, puis au lycée Cheikh Mouhamadou Moustapha Mbacké avant de poursuivre au Groupe scolaire privé Serigne Souhaibou Mbacké (G3S). Soutenue par ses parents, elle essaie d'allier activité professionnelle et activité scolaire.

Chaque matin, Rokhaya Niang quitte la maison familiale, ses deux Thermos dans les mains, armée de sa foi inébranlable de s'en sortir. Elle affronte la chaleur, la fatigue et parfois les remarques désobligeantes, mais rien ne semble l'arrêter.

"Tant qu'il y a de potentiels clients, je vendrai du thé chaud, car je refuse de céder face aux difficultés", dit-elle, appelant toutefois les autorités étatiques à renforcer les mécanismes de financement des jeunes entrepreneurs.

Faisant sienne le dicton selon lequel : "Aide toi, le ciel t'aidera", Rokhaya Niang fait montre d'une grande détermination et d'un professionnalisme reconnu, faisant que son "Ataya" est devenu familier dans les rues de Diourbel.

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