Soudan: Accusations mutuelles entre Khartoum et Abou Dhabi au Conseil de sécurité de l'ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé jeudi 30 octobre sa « profonde inquiétude » sur « l'escalade » au Soudan, le chef des opérations humanitaires onusiennes parlant d'« informations crédibles d'exécutions de masse » à El-Fasher, ville conquise dimanche par les Forces de soutien rapide après 18 mois de siège. Comme depuis le début de la guerre au Soudan, il y a deux ans et demi, Khartoum et Abou Dhabi s'échangent les accusations.

Lors de cette réunion jeudi 30 octobre, le représentant des Émirats arabes unis a annoncé que le pays consacrerait une somme d'argent à la ville sinistrée, capitale du Darfour du Nord, à la suite des massacres qu'elle a subis et les différentes exactions commises par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), soutenues par les Émirats arabes unis.

C'est un geste de « solidarité » qui a mis le représentant du Soudan auprès de l'ONU en colère. Al Harith Idriss a tenu à répondre à ce qu'il considère comme une humiliation pour le peuple soudanais. « Monsieur le président, il n'y a pas de guerre civile au Soudan, mais une agression menée par les Émirats arabes unis à travers son représentant local : les Forces de soutien rapide. Entendre ce représentant évoquer le Soudan, comme s'il était sous tutelle d'Abou Dhabi, constitue une insulte à ce Conseil et un mépris soudanais, et à leur souffrance, affirme-t-il. Comment est-il possible qu'un tel État parle de la paix dans cette salle, alors qu'il envoie les armes à ceux qui tuent, tout en leur promettant le pouvoir au Soudan, tout en cherchant à séparer une région du pays pour piller les richesses et l'or du Soudan. »

El-Fasher « plonge dans un enfer encore plus noir »

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Face à ces accusations, Mohamad Abushahab, le représentant des Émirats arabes unis, a, lui aussi, tenu à s'exprimer et défendre son pays. « C'est absurde que l'un des belligérants puisse utiliser cette enceinte pour diffuser ces allégations. Les Forces armées soudanaises se sont éloignées du cessez-le-feu, en dépit des efforts du Quatuor, des États-Unis, en dépit de l'appui indéfectible des Émirats arabes unis, ajoute-t-il. L'escalade actuelle aurait pu être évitée, mais l'armée sape tous les efforts sérieux pour ramener la paix au Soudan. C'est leur intransigeance qui a mené à cette catastrophe aujourd'hui. »

Quatre jours après la prise d'El-Fasher, assiégée depuis 18 mois, par les paramilitaires, le chef des opérations humanitaires de l'ONU, Tom Fletcher a affirmé que la ville avait « plongé dans un enfer encore plus noir ».

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