Sénégal: Microfinance - Un levier en pleine expansion mais confronté à de nouveaux défis

Le directeur de cabinet du ministre en charge de la microfinance et de l'économie sociale et solidaire, Mamadou Ndiaye, a ouvert la 9e réunion du Conseil fédéral de la Fédération des systèmes financiers décentralisés (Fapsfd) de l'Umoa en mettant en lumière le rôle stratégique de la microfinance dans l'inclusion financière et le développement économique du Sénégal et de la sous-région ouest-africaine.

Selon M. Ndiaye, le secteur de la microfinance au Sénégal connaît une croissance soutenue et représente désormais un pilier essentiel de l'économie sociale et solidaire. A l'en croire, le Sénégal compte 297 institutions agréées, regroupant plus de 4,5 millions d'usagers. L'encours des dépôts atteint 565,6 milliards de francs Cfa, tandis que l'encours des crédits s'élève à 765,6 milliards de francs Cfa.

Ces chiffres traduisent, selon lui, « le poids croissant du secteur dans le financement de l'économie réelle, mais aussi les marges de progrès encore nécessaires pour une inclusion financière universelle ».

Une stratégie nationale pour replacer la microfinance au coeur de l'économie solidaire

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Le ministère a récemment lancé un Pacte pour l'inclusion financière universelle (Pactifu), signé avec la l'Association professionnelle des institutions de microfinance du Sénégal (Apim-Sénégal). Ce pacte vise à recentrer la microfinance sur ses missions sociales et solidaires, après des années de dérive vers des logiques purement commerciales.

« La microfinance doit sortir du schéma du commerce d'argent pour devenir un vecteur d'autonomisation, de création de valeur et de résilience communautaire », a insisté M. Ndiaye. Pour y parvenir, le Sénégal mise sur les coopératives productives solidaires, de petites structures locales destinées à formaliser rapidement les acteurs économiques informels et à renforcer le lien entre financement et production réelle.

Des défis liés à la conformité, la digitalisation et la sécurité financière

Mamadou Ndiaye a également rappelé que la Fédération des Sfd de l'Umoa joue un rôle central dans la régulation et la professionnalisation du secteur. Cependant, plusieurs défis structurels persistent.

Il s'agit selon lui, la mise en conformité avec la nouvelle réglementation communautaire de l'Umoa ; la digitalisation des services financiers, pour renforcer l'accessibilité et la traçabilité des opérations ; la lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes. Ces enjeux, selon le directeur de cabinet du Dr Alioune Dione, conditionnent la pérennité, la crédibilité et la sécurité du secteur de la microfinance dans la sous-région.

Une présidence sénégalaise sous le signe de la rigueur et de la solidarité

Le Sénégal assurera la présidence et le secrétariat exécutif de la Fédération des Sfd de l'Umoa pour les deux prochaines années. Le gouvernement s'engage, selon M. Ndiaye, à exercer cette responsabilité avec « rigueur, ouverture et esprit de coopération ».

Il a conclu en réaffirmant la volonté du gouvernement, sous l'impulsion du président Bassirou Diomaye Faye et du premier ministre Ousmane Sonko, de renforcer la contribution de la microfinance à la mobilisation des ressources pour les porteurs d'initiatives économiques, en particulier les acteurs de l'économie sociale et solidaire.

Par ailleurs, le président de la Fapsfd a indiqué que face à l'exclusion persistante des populations vulnérables du système financier classique, les services de microfinance ont su jouer et continuent de jouer un rôle déterminant dans l'autonomisation des femmes, des jeunes, des populations rurales ainsi que des micro, petites et moins entreprises.

Pour Modibo Coulibaly, le secteur de la microfinance dans notre espace communautaire se distingue par 540 institutions, 4836 points de service repartis sur l'ensemble des territoires communautaires, 20 243 982 membres bénéficiaires, 2665 milliards de francs Cfa de dépôts mobilisés et 2693,7 milliards francs Cfa de dépôts de crédits actuels.

Ces chiffres, d'après lui, traduisent la vitalité et la portée sociale de notre secteur, mais aussi les responsabilités qui nous incombent en matière de gouvernance, de transparence et de performance.

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