Ile Maurice: COP 30 de la dernière chance ? - La terre étouffée par le CO₂ inhabitable pour 900 millions ?

À partir du 10 novembre se tiendra la COP 30 (Conférence des parties), soit la conférence sur le réchauffement climatique des plus alarmants. Les précédentes COP n'ont pas pu faire respecter la barre en dessous de 1,5 ° C. La situation s'empire alors que le président brésilien Lula vient d'accorder des permis pour des forages de pétrole en Amazonie. Donald Trump a, pour sa part, déjà annoncé que ce problème n'était qu'un vaste canular des milieux scientifiques. «Drill, drill, drill!»

La concentration élevée de CO₂ bat des records. Du jamais-vu au niveau des sécheresses, des feux de forêt et de la réduction de la capacité d'absorption du carbone. Si la hausse continue, l'homme pourrait... disparaître ! Nous léguerons aux futures générations d'épaisses couches de CO₂ qui vont durer des siècles.

Point de non-retour ?

La Terre n'en est pas loin. Elle étouffe sous ce taux élevé de CO₂ jamais vu et sera moins habitable. Ces émissions dues aux activités humaines affaiblissent les poumons naturels comme les océans et les forêts. Leur capacité d'absorption se réduit. Quelques forêts comme en Australie recrachent même ce gaz à effet de serre.

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Les conséquences sur l'être humain sont catastrophiques. Les pays pauvres (Afrique subsaharienne, Asie du Sud-Est) avec 900 millions de victimes de ce réchauffement. Chaleur extrême, sécheresse, inondation, pollution de l'air. On assiste à un phénomène qu'on évoque peu : l'acidification des océans. Ils absorbent normalement 30 % de CO₂ causé par les énergies fossiles comme le pétrole, le charbon et le gaz.

Citons le cas de New Delhi, la capitale indienne. Ses 30 millions d'habitants étouffent sous un épais brouillard qui véhicule 846 mg, soit une dose 56 fois supérieure au niveau maximal recommandé par l'OMS. Ils se diffusent hélas dans le sang. Le mois dernier, l'Inde a commencé à ensemencer par avion des nuages pour faire pleuvoir. Un essai.

Les océans changent de couleur

Le fait qu'ils deviennent de moins en moins verts est un diagnostic sur leur mauvais état. Nous avons déjà évoqué à sa surface la présence de déchets marins et de plastique. En matière d'acidification de nos océans, nous avons franchi la septième limite planétaire sur une échelle de 9. Le blanchissement de 93 % des coraux de la Grande barrière de corail en Australie ne laisse aucun doute.

L'océan est de plus en plus acide et désagrégé. C'est la fin des chaînes alimentaires qui nourrissaient coraux, coques, mollusques et espèces cruciales de plancton. Les poissons près des côtes disparaissent pour le malheur des multiples peuplades côtières des pêcheurs. En 20 ans, on constate une chute de la chlorophylle, qui est à la base de cette chaîne alimentaire. En résumé, l'oxygène ne nourrit plus les grands fonds d'où le déclin du plancton végétal.

Cinq cents millions de personnes vont en pâtir, voire mourir, à cause de ce virage qu'est la plage qui rétrécit. En Asie du Sud-Est, les coraux blanchissent parce que l'eau est trop chaude. L'érosion côtière est inéluctable. Des zones côtières vont disparaître. Énorme impact sur les poissons. 30 % des espèces qui y vivent vont disparaître. Globalement, la température devrait passer à 5°C durant les prochaines années. Ça va être la débandade à partir de 2050. Quant à la fonte des glaces au pôle Nord, elle fait monter les océans de dix mètres. Une bonne nouvelle. La Chine vient enfin de décider de réduire ses fortes émissions de gaz à effet de serre.

Pas de solutions ?

Les pays industrialisés ont trop tardé et tardent encore à renoncer aux dégâts causés à la planète par la dissémination incessante de CO₂. Certains s'y mettent tardivement mais d'autres continuent à utiliser des énergies fossiles. Industrialisation et gros capitaux obligent ?

Parmi les tentatives d'y remédier, une expérience peu banale est en cours en Floride aux États-Unis. Vingt-deux sculptures en béton ont été immergées sur les côtes. Elles ont la forme de 22 voitures coulées dans l'océan pour tenter de protéger et sauver les fonds marins.

Elles sont censées former un bouchon qui favoriserait la croissance des coraux et abriteraient une vie marine. La nature va prendre son temps mais il y a peu de solutions envisagées. C'est un peu tardif. Un sanctuaire. Chaque sculpture pèse 13 tonnes et des centaines de coraux ont été ensemencées. Au Canada, des entreprises proposent de séquestrer au moins 30 % de CO₂ sous terre, mais rien n'est encore sûr et fiable.

Notre petite contribution

Ce n'est pas de la fiction. Elon Musk a concrètement décidé de transférer des terriens sur la Lune mais le ciel est déjà encombré de satellites et de débris. Entretemps, l'homme aura peut-être disparu, ce qui ne doit pas nous empêcher d'adopter dans la vie quotidienne des conseils pratiques. Mettre la mer dans un petit trou dans le sable ?

En premier lieu, nous pourrions économiser l'énergie dans nos maisons. Avoir recours à des appareils électriques à faible consommation ; consommer plus d'aliments d'origine végétale.

On ne répétera jamais assez qu'il faudrait manger moins de viande et privilégier à la place des légumes, des noix, des légumineuses comme les lentilles et des fruits. Songer au gaspillage alimentaire parce qu'en jetant ces aliments n'importe où ils produisent du méthane, un puissant gaz à effet de serre. Mais alors quelles énergies pour cultiver, produire, emballer et transporter ?

Recycler. Une action concrète qu'on tarde trop à mettre en place. Réutiliser après réparation des appareils électriques ou électroménagers que le réparateur vous demandera de jeter pour acheter de nouveaux. Business is business! Qui pense à renouveler nos vêtements maintenant que Temu et l'e-fashion chinoise les remplacent pour des prix défiant toute concurrence. Utiliser des sources d'énergie alternatives comme les panneaux solaires à usage domestique.

Si vous devez acheter une voiture, choisissez une électrique. L'électricité sera toujours produite par un combustible fossile, mais elle pollue moins et libère moins d'émissions de gaz à effet de serre. Réfléchissez à deux fois avant de prendre l'avion trop souvent pour vos déplacements. Dur, dur !

Maurice sera représenté à Belém par une délégation armée de quatre vidéos. En 2050, notre mer sera peut-être montée de cinq mètres, mais à d'autres endroits sur la planète, elle passerait de cinq à 20 mètres ! Chassez le naturel, mais cette fois il ne reviendra pas. En passant, le béton est la troisième émettrice de gaz à effet de serre... Karay plis ki so!

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