Ile Maurice: Entre mémoire et métier, le fossoyeur sous un autre regard

En ce 1eᣴ novembre, jour de la Toussaint, alors que de nombreuses familles se recueillent sur les tombes de leurs proches, il est important de rendre hommage à ceux qui veillent, dans l'ombre, sur ces lieux de mémoire.

Derrière chaque pierre tombale se cache un métier essentiel mais souvent méconnu : celui de fossoyeur. À Saint-Martin, Petite-Rivière, nous avons rencontré Kanaram Bala, inspecteur sanitaire au cimetière, ainsi que Balgobin Baruth, fossoyeur, et Kemraz Ortoo, président du conseil de district de Rivière-Noire, pour découvrir l'envers d'un travail empreint de respect et de dignité. «Travailler dans un cimetière n'est pas seulement un travail manuel», explique Kanaram Bala. «C'est un service pour la vie. Nous accompagnons les défunts jusqu'à leur dernier repos avec respect et humanité.»

Le travail de fossoyeur va bien au-delà du simple creusement des fosses. Il demande une rigueur administrative et une bonne connaissance des procédures : obtention d'un permis d'inhumer, respect des durées de sépulture (souvent cinq ans pour un enterrement temporaire) et gestion de l'espace limité du cimetière. «Parfois, lorsque nous creusons, nous retrouvons des ossements qui ne se sont pas complètement décomposés», confie Kanaram Bala. «C'est un travail difficile, mais il y a une grande satisfaction à aider les familles à traverser leur douleur et à rendre hommage à leurs proches.»

Pour Balgobin Baruth, être fossoyeur, c'est avant tout une vocation : *«Il faut avoir du coeur pour faire ce métier. Nous ne faisons pas que creuser, nous accompagnons des familles dans leur chagrin.» La pandémie de Covid-19 a mis ce métier à rude épreuve. «Pendant le confinement, il était difficile d'accomplir notre mission correctement, mais nous devions être présents pour les familles, quelles que soient les conditions», raconte-t-il.

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Aujourd'hui, le métier de fossoyeur attire peu de jeunes. Pourtant, il s'agit d'un pilier discret mais essentiel de la société. «C'est un travail exigeant, mais noble», conclut Kanaram Bala. «Nous espérons que les jeunes comprendront son importance et perpétueront ce service rendu à la communauté.»

Travailler dans un cimetière, c'est oeuvrer dans l'ombre pour une mission profondément humaine. Respect, dignité, rigueur et mémoire sont les valeurs qui guident chaque geste de ces travailleurs souvent oubliés. À Saint-Martin, le silence du cimetière résonne du dévouement de ceux qui veillent, jour après jour, sur la dernière demeure des autres.

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